oxy grisDevenir éditeur quand vous n'avez ni moyens, ni expérience en la matière, ni contacts dans le milieu est une curieuse idée.

Pour en venir à cette extrémité, il faut, soit être fou, soit passionné, soit les deux.

Fou, je le suis suffisamment et la passion m'anime toujours comme au premier jour.

Cette passion est d'ailleurs née de ma folie. La folie m'a fait croire qu'il serait assez facile de créer et de vendre des livres à une époque où les lecteurs sont de moins en moins nombreux et où la crise laisse de moins en moins de place aux loisirs et aux dépenses non vitales.

La passion est donc venue au fur et à mesure et doit beaucoup au désir de faire vivre des personnages qui sont devenus une part de moi-même.

Au début, quand vous n'avez pas de moyens mais que vous écrivez fort bien (c'est pour la rime), il n'est pas bête d'essuyer les plâtres vous-même en vous publiant (je ne suis pas le premier auteur à être devenu éditeur). Pour cela, il vous faut trouver quelques manuscrits pas trop mauvais et vous faire la main dessus avec un esprit critique. Il est alors préférable d'être soutenu et aidé par une personne de qualité (en ce qui me concerne, il s'agit de mon amour, ma Canelle). Il vous faut alors mettre votre ego d'auteur de côté (oui, les auteurs sont tous égocentriques sinon, ils ne penseraient pas que ce qu'ils écrivent est forcément intéressant et bon) et vous mettre à la tâche afin de travailler, retravailler et encore retravailler vos textes. Avec l'appui d'une personne motivée à l'orthographe irréprochable, et avec beaucoup de temps et d'énergie, vous pouvez alors accoucher de bons ouvrages.

Une fois la maquette achevée, ce qui nécessite d'apprendre à utiliser les logiciels adéquats et à apprendre les règles de la typographie et de la mise en page d'un livre, vous devez encore trouver un bon imprimeur.

C'est donc au moment où vous tenez votre premier livre en main que le virus est le plus susceptible de vous contaminer.

Si tenir en main pour la première fois un livre que vous avez écrit est déjà une satisfaction rare, prendre dans ses mains le "Bon à tirer" du premier ouvrage que vous avez entièrement conçu, de l'écriture jusqu'au "maquettage", est une jouissance que peu de personnes ont connu (qu'on ne se trompe pas, cela n'a rien à voir avec le plaisir de l'écrivain auto-édité, le travail éditorial inhérent à un véritable éditeur fait toute la différence).

Être contaminé par le virus de l'édition est déjà contraignant mais, quand en plus, vous devenez accroc à vos personnages, le défi est alors à la fois plus risqué, mais plus prenant et plus enrichissant.

Si le premier ouvrage, "Chaîne de vies", disponible chez OXYMORON Éditions, un recueil de nouvelles, n'était pas susceptible d'engendrer des suites, le deuxième, "Wan & Ted", également disponible au même endroit, lui, ne pouvait évidemment pas demeurer à l'état de livre unique.

Avant de connaître les joies de la publication au travers de ce roman édité chez OXYMORON Éditions, les deux joyeux drilles, Wan et Ted, avaient déjà connu une existence papier sous une autre forme, dans un autre monde. Mais, surtout, les deux personnages avaient déjà consumé beaucoup de mon énergie durant des années par leur existence sur Internet dans une sphère privée.

Pour obtenir l'excellence de ce roman, j'ai du réécrire l'ensemble des aventures déjà existantes mais également en écrire d'autres, ce qui me replongeait intégralement dans le bain des aventures loufoques et attachantes de ces deux détectives privés, Wan Ching Mui et Andrée Nadine Tedorowski.

Aussi, après l'émotion de tenir en main le livre contenant leurs premières histoires et après le retour très positif des premiers lecteurs, il était impossible, pour moi, de laisser mourir le duo de personnages dans lequel je m'étais totalement investi.

J'ai donc replongé, avec fièvre, dans l'écriture de nouvelles aventures, très rapidement. En a découlé le second opus, "Wan & Ted - Experts Sans Gain". Le plaisir d'écriture était encore plus fort et la satisfaction de tenir en main ce deuxième livre papier plus immense, ce qui me poussa à écrire, dans la foulée, le troisième opus, "Wan & Ted - Le Mystère Sang & Or".

Là encore, satisfaction toujours plus grande, plaisir encore plus fort et toujours de bons retours des lecteurs, ce qui implique qu'un quatrième opus est en cours d'écriture.

Si les ventes sont encore bien trop confidentielles, le retour des lecteurs est pourtant une bonne source de satisfaction qui permet de trouver les ressources mentales et physiques pour continuer l'aventure (et de l'édition et de l'écriture).

Effectivement, quelle plus grande satisfaction que de voir des inconnus ayant commandé l'un ou l'autre des opus de "Wan & Ted", commander quelques semaines plus tard, les deux autres opus d'un coup. Pour que ces personnes achètent les deux autres ouvrages manquant à leur toute nouvelle collection, c'est bien la preuve qu'ils ont grandement apprécié l'opus qu'ils se sont procuré (et ce quelque soit le premier opus qu'ils aient acheté puisque chaque histoire est indépendante et qu'on peut lire la série dans l'ordre où on le désire). Quand cet évènement se reproduit auprès de plusieurs lecteurs, alors, comment ne pas être regonflé à bloc ?

Malheureusement, le manque de moyens et le manque d'aide de la part des institutions en tout genre et des médias, ne permettent pas encore de toucher le plus grand nombre de lecteurs, mais on peut être sûr que cette saga a un potentiel réel.

Car, ce n'est pas un hasard si les aventures de "Wan & Ted" sont les piliers de la maison d'édition. Tout participe à la qualité des ouvrages.

D'abord, les aventures de "Wan & Ted" ne ressemblent à rien de ce qui a déjà été écrit. Ensuite, les histoires sont contées au présent de l'indicatif alors que la plupart des romans policiers le sont au passé simple. Les personnages sont à la fois loufoques, différents, complémentaires mais surtout très attachants. Les histoires mélangent de multiples styles, policier, humour, action, onirisme, poétique...

Mais si les textes sont originaux, l'ouvrage, lui-même, ne manque pas de l'être également puisque les livres sont conçus comme des DVD avec des bonus en fin d'histoire (scènes coupées au montage, tournage du tournage...), que les ouvrages ne contiennent aucune césure, que la police de caractères a été minutieusement sélectionnée et est d'une taille suffisante pour ne pas fatiguer le lecteur, que la mise en page est volontairement aérée pour faciliter la lecture et que le papier utilisé est de couleur ivoire pour amoindrir la fatigue oculaire à la lecture.

Je reviendrai, plus tard, en détail, sur les aspects de la "construction" d'un livre et de son développement.