pseudodiagoLa dédicace, passage obligé de tout écrivain édité, est une phase à laquelle l'auteur pense bien avant d'apposer sa première signature à l'intérieur d'un de ses livres.

Intimidé ou enthousiasmé à l'idée de cette toute première fois, l'auteur se doit, ou du moins le croit-il, d'écrire une dédicace à la fois originale et adaptée à son lecteur ou sa lectrice.

Pour autant, au final, l'auteur finira souvent par écrire toujours à peu près la même chose. Effectivement, difficile d'accorder sa dédicace au lecteur étant donné que, normalement, on ne connaît pas ce dernier (sauf si vous ne vendez qu'à des proches ou si vous vous appelez Amélie Nothomb qui semble connaître tous ses fans).

Si les dédicaces s'enchaînent à un bon rythme, il sera encore plus difficile de prendre le temps d'écrire une dédicace différente à chaque lecteur. Mais, même sans cela, que faire ?

Évidemment, on pourra toujours adapter sa phrase à la personne demandant la dédicace (ne serait-ce qu'en inscrivant le prénom de la personne en début de celle-ci), surtout quand le profil du lecteur est original. Mais, dans la plupart des cas, l'auteur n'ayant pas encore grande notoriété, sera rassuré par le fait d'inscrire une dédicace qu'il gère parfaitement pour l'écrire souvent.

Dans mon cas, la phrase qui se retrouve dans toutes mes dédicaces est "Avec toute ma considération scripturale", une phrase qui se veut originale (mouais) et adaptée à tous et à toutes.

"Avec toutes mes amitiés" me semblait être une phrase non seulement trop banale, mais également inadaptée. Effectivement, excepté pour des gens que je connais, je ne peux décemment pas feindre une attitude amicale avec un total inconnu.

Mais écrire une dédicace n'est pas chose aisée. Déjà, quand vous êtes inconnu ou presque, les gens n'osent pas forcément demander un autographe. Du coup, libre à vous de le proposer. Dans ce cas, même si le lecteur n'en voulait pas, il n'osera pas refuser (c'est donc toujours gênant de proposer une dédicace).

J'ai pour souvenir certains moments de dédicaces comme la fois où, emporté par une discussion humoristique avec le lecteur, après coup, je n'étais pas sûr d'avoir signé ma dédicace. Ce n'est pas grand chose, mais cela me tracasse toujours. Une autre fois, alors que je tentais une dédicace originale, l'acheteur, face à moi, me fît bien comprendre qu'il n'en avait pas grand chose à faire en me disant "Ne remplissez pas toute la page non plus, je ne suis pas la Reine". Encore une autre fois, face à une jeune fille ayant forcé ses parents à acheter un de mes livres qui lui faisait très envie, j'écrivis, enveloppé dans ma phrase fétiche, une dédicace personnalisée, pour autant, le père, lisant la dédicace expliqua à sa fille ce que voulait dire "toute ma considération scripturale" me laissant comprendre que cette phrase n'était pas adaptée à la future lectrice.

Bref, la dédicace est un acte à la fois gratifiant mais également gênant pour un auteur. Difficile d'être original, concis et professionnel à la fois.