repetJe vous en avais déjà parlé dans les premiers articles de ce blog, la phase de correction d'un texte passe aussi par une purge des répétitions.

Ce travail sera plutôt à faire par l'auteur, avant l'envoi de son roman à un éditeur, car cela permet d'améliorer grandement un tapuscrit.

Pour détecter les répétitions, rien de mieux qu'un oeil aguerri qui connaît bien votre écriture. Si vous n'avez personne qui correspond à cette définition, il ne reste plus qu'à vous atteler à la tâche. 

Mais rassurez-vous, deux choses peuvent beaucoup vous aider :

- L'expérience : à force de vous lire, relire et, surtout de dénicher vos répétitions, vous finirez par vous rendre compte que vous avez des tics d'écriture tout comme vous avez des tics de langage. Aussi, lors d'un premier jet, vous avez tendance à utiliser souvent les mêmes mots, les mêmes tournures de phrases...

Plus vous rechercherez ces petits défauts et plus vite vous finirez, d'une part, par les éviter à l'écriture et, d'autre part, à les repérer à la correction.

- Un logiciel : je vous avais déjà parlé de "Repetition Detector", un logiciel qui ne fait que repérer les répétitions et qui a l'avantage d'être gratuit. Vous pouvez aussi utiliser "Antidote", un logiciel certes payant, mais qui vous rendra bien d'autres services en matière de corrections.

Si vous ne comptez que sur votre expérience, la tâche risque d'être ardue et rebutante. Il vous faut alors relire votre texte et, à chaque mot que vous soupçonnez d'être trop présent, de faire une recherche (onglet "recherche" dans Word) pour vérifier le nombre d'occurences du mot et ses emplacements dans le texte. Répétez l'action autant de fois que de mots suspects et vous comprendrez très vite que le boulot est harassant.

Mais si vous préférez faire appel à un logiciel, ne croyez pas que la partie est beaucoup plus facile. Effectivement, le premier problème d'utiliser un tel logiciel c'est que l'on risque d'être très rapidement découragé, d'autant qu'il ne fera jamais la différence entre une répétition voulue et une répétition par inadvertance. Lancez le test de recherche de répétitions sur n'importe quel texte et vous verrez ce dernier se parer de couleurs représentant les divers mots répétés. Plus cela tire sur le rouge, plus les répétitions sont nombreuses et proches. Faite cela sur un premier jet et vous verrez les pages presque entièrement colorées (surtout si vous faites de mauvais réglages) et il y a des chances que vous jetiez tout de déception.

Mais rassurez-vous, vous pouvez faire le même test sur des romans déjà publiés et reconnus et vous constaterez à peu près le même résultat. Je vous fournis un exemple pour "Hygiène de l'assassin" d'Amélie Nothomb et pour "Les rivières pourpres" de Jean-Christophe Grangé.

RDRD2Vous constatez alors que les répétitions pullulent également dans les textes d'auteurs reconnus, soit par nécessité due à un paragraphe tournant autour d'un même champ lexical, soit parce que l'auteur n'a pas jugé pertinent d'éviter certaines répétitions, pourtant gérable facilement, soit parce qu'il n'a pas été obsédé par la recherche de celles-ci et, qu'au final, cela ne dérange pas la lecture.

C'est donc là qu'en viennent mes conclusions. Tout comme c'est en forgeant que l'on devient forgeron, c'est en pinaillant que l'on devient pinailleur. Entendez par là que plus vous vous focaliserez sur les répétitions et plus vous en trouverez aisément. C'est un avantage, mais c'est également un défaut puisque le remède peut rapidement devenir pire que le mal.

A trop vouloir purger votre texte de répétitions, vous risquez alors de vous retrouver avec un dictionnaire de synonymes plus qu'avec un roman. Car, si retirer une répétition d'un texte est une bonne chose, il ne faut pas que cela nuise à la lecture en la remplaçant par un mot sur lequel le lecteur va bloquer parce qu'il ne correspond pas au style du texte (exemple, dans un texte sérieux et moderne, remplacez "Jeune homme" par "Godelureau" et vous risquez bien de perdre votre lecteur).

Au final, la chasse aux répétitions, dans un texte, est un acte nécessaire, mais ne vous faites pas plus monarque que le roi, et évitez de sombrer dans l'obsession des répétitions sinon vous risquez de maltraiter votre texte plus qu'en n'y touchant pas. De plus, vous finirez alors par repérer les répétitions dans les textes des autres, ce qui risque de nuire à vos futures lectures.

En conclusion, faites comme moi, ayez une bonne correctrice qui connaît très bien vos tics d'écriture, cela vous facilitera la tâche et, en plus, vous permettra d'améliorer grandement vos textes.