train"Train d'enfer pour ange rouge" est le premier roman de Franck Thilliez mais le second de lui que je lis, après "Deuils de miel".

Ecrit en 2004, ce livre et son auteur ont été révélés en remportant le prix SNCF du polar 2004. Mais c'est lors de sa sortie en livre poche, en 2007, que le livre va réellement avoir du succès (probablement dû également à l'adaptation cinématographique du roman du même auteur, "La chambre des morts").

"Train d'enfer pour ange rouge" est le polar qui présente pour la première fois le personnage du commissaire Sharko, que l'on retrouvera ensuite dans "Deuils de miel".

Train d'enfer pour ange rouge :

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin.

article_0710-LIL03-THILLIEZLa dernière phrase de la 4ème de couverture est probablement celle qui résume le mieux ce roman. En effet, Franck Thilliez va loin, peut-être beaucoup trop loin. Car, avec ce premier meurtre, l'auteur place la barre très haut et après, difficile de demeurer à cette altitude durant toute l'enquête surtout, quand, à la fin du deuxième tiers, on commence à deviner qui est le meurtrier. Du coup, la fin s'essouffle et l'on regrette la concision de la résolution de l'enquête. D'autant, qu'au final, le meurtrier se révèle bien pâle par rapport à celui que l'on s'était imaginé depuis le début, les motivations de ce dernier étant bien décevantes.

Pour autant, toute la première partie du roman est très agréable et l'histoire commence, tout comme dans "Deuils de miel", sur les chapeaux de roues avec ce premier meurtre sordide présageant du meilleur, en terme de roman policier.

Si le style n'est pas toujours au rendez-vous, il faut reconnaître à Franck Thilliez une grande capacité à dérouler son enquête et, par moments, à savoir tenir le lecteur en haleine. La propension de l'auteur à user de métaphores (qualité qui excellait dans "Deuils de miel") est déjà ici présente mais moins bien maîtrisée puisque l'auteur introduit ses métaphores avec des mots parasites ("comme", "tel"...) défaut qu'il parviendra donc à éradiquer par la suite.

Le personnage de Sharko est ici déjà bien intéressant. Dans la droite lignée des policiers cassés par la vie (sa femme a disparu depuis 6 mois sans qu'il n'ait aucun indice ni aucune nouvelle, sans même savoir si celle-ci est encore en vie ou non), Sharko est tout de même un héros attachant bien que l'auteur entre moins dans la tête du flic que dans sa prochaine aventure.

Les meurtres s'enchaînent à bonne allure et sont tous plus glauques les uns que les autres. Déjà au fond du gouffre avec la disparition de sa femme, Sharko va encore plus sombrer en constatant que le tueur joue avec lui et a toujours une longueur d'avance. Obligé de naviguer dans les milieux BDSM, le flic va vite se rendre compte que tout est fait pour qu'il perde la raison, jusqu'à mettre ses proches en danger. Pire, lorsque le policier se rend compte que le tueur est aussi celui qui a enlevé sa femme, alors, tout bascule.

Bref, "Train d'enfer pour ange rouge" est un très bon premier roman de la part d'un auteur ayant un gros potentiel et des qualités évidentes pour tenir le lecteur en haleine.

Si stylistiquement, ce roman est un peu en dessous de "Deuils de miel", il n'en demeure pas moins une très bonne lecture qui souffre, principalement, d'une fin qui n'est pas à la hauteur du reste de l'histoire (défaut un peu récurrent des polars français de ces dernières années).

Avec ce premier roman, Franck Thilliez s'annonce comme un auteur prometteur, ce que confirmeront ses autres productions.