untitl11"Dieu se tait, le diable murmure".

C'est par cet aphorisme parlant que débute ce Thriller dès la couverture.

Avec une phrase concise et angoissante à souhait et une image à la fois hypnotisante et dérangeante, le roman de Donato Carrisi à tout pour donner envie à l'amateur de polars sombres et haletants.

Alors ? Qu'en est-il réellement ?

Le chuchoteur :

Cinq petites filles ont disparu.

Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.

Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure...

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

 

"Inspiré de faits réels", cette notion sensée être vendeuse, résonne toujours en moi comme une tentative de cautionner le roman sur une base de réalisme à défaut de qualité. Autant dire que cette dernière phrase est aussi inutile que contre productive.

Donato_CarrisiD'autant que la caution "réalisme" est déjà assurée par la biographie de l'auteur, juriste spécialisé en "criminologie" et auteur d'une thèse sur un tueur en série italien.

"Le chuchoteur" est le premier roman de son auteur qui s'était déjà essayé à l'écriture de scénario auparavant.

Le roman débute sur les chapeaux de roues avec la découverte, dans une clairière, de cinq petites tombes contenant cinq bras gauches de fillettes disparues. Pour mener l'enquête et découvrir le tueur en série, une équipe est mise en place avec trois agents spéciaux, d'une agence non spécifiée d'un pays non précisé, avec, à sa tête, un civil, le professeur en criminologie Goran Gavila. Mais c'est avec la découverte d'un sixième bras que les choses changent et qu'une notion de temps entre en jeu. Ce dernier bras contient des traces de produits qui laissent entendre que la fillette a été maintenue en vie.

Il devient donc urgent de découvrir l'identité de la victime pour la retrouver vivante. Pour ce faire, l'équipe s'adjoint les services de Mila Vasquez, un agent spécialisé dans la recherche d'enfants disparus.

Mais toute l'équipe se rend vite compte que le meurtrier se joue d'eux et qu'il met en place un puzzle aux pièces macabres. Chaque corps amputé est déposé et mis en scène afin de mener les enquêteurs sur les traces d'un autre tueur comme si, à travers ces pistes, le tueur d'enfants cherchait à faire justice... à moins qu'il ne cherche juste qu'à démontrer sa supériorité envers les agents et les autres tueurs.

Malgré un démarrage fort, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre. Non pas que l'histoire ne s'y prête pas, au contraire, mais je pense que le style, ou plutôt le manque de style, ne me favorisait pas le travail.

Après une centaine de pages, l'enquête s'emballe et le lecteur, moi en l'occurence, est happé par l'histoire. Difficile, alors, de lâcher le bouquin tant chaque chapitre donne envie de lire le suivant.

Chaque découverte macabre est sujette à questionnements, à indices et à... questionnements. Autant dire que l'enquête avance en reculant ou recule en avançant, chaque scène de crime n'apportant qu'une certitude, le tueur est malin, il connaît bien les enquêteurs et il pratique son art mortel depuis bien des années.

Ce ventre du roman qui n'est pas du tout mou est la meilleure partie de l'ouvrage et, si tout le reste avait été de cet acabit, j'aurais plébiscité ce livre sans aucune réticence et j'aurais compris les critiques dithyrambiques que j'avais lues sur le net.

Malheureusement, Donato cherche à respecter un cahier des charges qui semble provenir plus d'un scénario de film que d'un roman (est-ce dû à une déformation professionnelle ou à un désir inconscient de voir son oeuvre adaptée au cinéma ?) que je ne développerai pas ici pour ne pas gâcher la surprise (si surprise il y a) aux lecteurs de cette chroniques désireux, ensuite, de lire le livre.

De rebondissements capillo-tractés à des évènements pas très réalistes, en passant par une fin qui laisse non seulement sur sa faim mais qui se révèle très très loin d'être à la hauteur de l'enquête, du tueur et de l'ensemble du roman, le point final laisse un goût de déception dans la tête.

Au final, "Le chuchoteur" traîne derrière lui une réputation un peu usurpée, bien qu'il ne soit pas dénué de qualités mais se révèle plus que prometteur et surtout un bonne première oeuvre pour un auteur encore jeune.

Il ne reste plus qu'à savoir si le second roman de Donato Carrisi confirme ou infirme ce pressentiment. Je ne pourrai le savoir qu'en lisant "Le tribunal des âmes".