9782253142942Désireux de m'intéresser aux enquêteurs célèbres de la littérature, je me suis plongé dans la première enquête du Commissaire Maigret contée par Georges Simenon, "Pietr le Letton".

Pietr le Letton :

Pietr le Letton arrive à Paris. Nul doute qu’il est là pour réaliser une des colossales escroqueries dont il est coutumier. Le commissaire Maigret, qui a reçu son signalement, le repère à son arrivée en gare du Nord. Il s’apprête à le filer lorsqu’un employé du train l’entraîne vers un compartiment où gît le cadavre d’un homme, parfait sosie du Letton. Mais est-ce bien lui ? Pour en être sûr, le policier retrouve la trace du premier voyageur dans un hôtel parisien. Le soi-disant Letton y a rencontré un comparse avec lequel il a disparu. La piste semble coupée jusqu’au moment où Maigret trouve un indice qui le mène à Fécamp. La traque continue mais les choses se gâtent lorsqu’on tente de tuer le commissaire.

Première aventure, donc, du célèbre commissaire Maigret, immortalisé, depuis, à la télévision par Jean Richard puis Bruno Kremer.

Pour bien replacer l'oeuvre littéraire, ce premier épisode est écrit en 1930 dans un contexte d'entre deux guerres dont l'esprit de l'époque pollue quelque peu une lecture actuelle.

Effectivement, une chose m'a bien gêné durant cette lecture, l'utilisation de façon péjorative du terme "Juif", maintes fois répétés et qui, s'il était peut-être très usité à l'époque, a, maintenant de lourds relents d'antisémitisme.

GSageMis à part cela, je pense également que ma lecture a été troublée par la réminiscence du Maigret télévisuel (même si j'y préférais très largement le Maigret interprété par Jean Gabin dans "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" ou "Maigret tend un piège", par exemple).

Loin du personnage présent dans un coin de ma mémoire télévisuelle, le Maigret présenté dans ce premier épisode est un enquêteur bourru, certes, mais quelque peu plus physique qu'il ne me semblait. 

Avec une écriture assez moderne (malgré les connotations antisémites, qui, il me semble, sont plus indues à l'époque qu'à un réel antisémitisme de la part de l'auteur), Simenon nous présente un enquêteur qui aime demeurer auprès de son poële à bois à boire des bières et à manger de sandwichs.

Avec des moyens très loin de ceux de la police scientifique actuelle (Maigret recherche Pietr avec pour seules informations une description détaillée du personnage, jusqu'à ses lobes d'oreilles), le commissaire se lance à la poursuite d'un espion dont l'arrivée par le train lui est annoncée par un message codé. Sur place, il pense voir passer l'individu mais est vite attiré par des cris prévenant d'un meurtre. Maigret est surpris de constater que le mort ressemble également trait pour trait à la description et se lance alors sur la piste du sosie.

Malgré une certaine modernité de l'écriture et un personnage bien moins lymphatique que je ne le pensais, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire sans jamais en comprendre la réelle raison.

Pour autant, difficile de dire que le roman est mauvais, je suis même convaincu du contraire, mais il est des livres, qui, à cause d'un détail ou bien lu dans de mauvaises conditions, n'arrive pas à emporter l'adhésion du lecteur.

Au final, une lecture qui ne m'a pas enthousiasmé mais, je le crains, à cause de mauvaises raisons. Aussi, retenterai-je probablement à nouveau, dans un futur proche, de suivre une autre enquêtre du fameux commissaire.