L'Indépendant, le journal catalan, prend enfin conscience de l'existence de la petite maison d'édition « OXYMORON Éditions » et de son auteur principal, « Kamash ». Il était temps, petit navire.

Il est à regretter que Canelle, qui œuvre tant pour la qualité scripturale des ouvrages, et pour bien d'autres choses encore, ne soit pas présente sur la photo ; profitez-en, il est assez rare que je mette des photos de moi sur le blog, c'est d'ailleurs la toute première fois.

Je vous propose d'en profiter, non pas parce que le spectacle en vaut le coup d'œil (un mélange entre Captain Caverne, mais sans la massue, de Sébastien Chabal, mais sans la hauteur et de Demis Roussos, mais en moins grec), mais parce que je n'aime pas m'afficher.

En fait, j'ai toujours, du moins souvent, critiqué les éditeurs qui mettaient en avant un auteur plus qu'un ouvrage, au point que, sur les couvertures, le nom de l'auteur et la tronche de l'écrivain prenaient bien plus de place que le reste.

Du coup, lors de mes premières publications papier, dans un autre temps, chez un autre éditeur, j'avais proposé, outre le fait qu'il n'y ait pas de photo, qu'il n'y ait pas de nom, non plus, sous mes textes (il s'agissait d'ouvrages collectifs). L'idée avait été refusée et c'est ainsi que Kamash fût imprimé pour la première fois sur papier (oui, je parle de moi à la troisième personne, il paraît qu'un écrivain doit se désolidariser de lui-même quand il parle de sa propre personne).

Quand j'ai créé ma propre maison d'édition pour pouvoir gérer complètement la mise en œuvre de la saga « Wan & Ted », une saga de romans policiers décalés tant dans la forme que dans le fond, la question s'est à nouveau posée.

Publier un roman de façon anonyme n'était plus une nouveauté puisque le « Livre sans nom » était déjà sorti, aussi, il paraissait normal de laisser au moins un nom d'auteur sur les romans que je publiais. Par contre, cherchant à vendre des romans, et non un auteur, je décidais de ne pas placarder de photo de moi sur la quatrième de couverture de mes romans.

Cette décision est toujours d'actualité puisqu'il n'y a pas plus de représentation de ma face non épilée sur « Wan & Ted — Jeu de Haine à Mourir » qui vient juste de sortir qu'il n'y en avait sur les précédents.

Malheureusement, beaucoup de lecteurs, dont je fais parfois partie, d'ailleurs, achètent un auteur avant d'acheter un ouvrage. « Donnez-moi le dernier Amélie Nothomb », entendrez-vous dans les librairies comme si les libraires donnaient les livres au lieu de les vendre. Bien souvent, inutile de demander le titre à l'acheteur, il ne le connaît pas, mais a entendu dire que Nothomb venait de sortir un livre (de toute façon, c'est la même rengaine tous les ans) et que cela fait bien de lire du Nothomb, il serait temps que cela fasse bien de lire du Kamash.

Aussi, voilà, comme les gens aiment bien pouvoir identifier les auteurs, bon, je cède un peu de terrain sur mon éthique (et toc), tactique antique et en toc consistant à étiqueter comme des antiquaires les tracts des toqués de la tectrice.

« Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? » disait l'enclumé qui manie aussi bien la langue française que moi la guitare. « Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » répondait Léonie qui a pour point commun avec le précédent d'être morte bien après que je sois venu au monde.

Heureusement que je n'ai pas une gueule d'atmosphère, avec la barbe vous ne verriez jamais le soleil et si je m'éternue, garde à vous (du verbe s'éternuer : je m'éternue, tu t'éternues, lui c'est Hernu, pour les plus férus de politique ou bien les fins connaisseurs de l'humour Coluchien).

Bref ! L'Indépendant parle de moi, de la maison d'édition, mais c'est avant tout des livres qu'ils parlent et c'est bien la seule chose qui compte.

Remarquez, le journal l'avait à ce point compris que la précédente fois où ils avaient abordé mon sujet, ils avaient réussi, sur leur blog (heureusement, pas sur le journal papier), à me décapiter tel le Roi Louis croix vé bâton (là, je m'adresse aux amateurs de l'humour du trio des Inconnus), Louis XVI, donc, qui vécut moitié moins de temps que Louis XIV (Louis croix bâton vé), non pas qu'il fut de constitution plus malingre, mais il était coupable (sinon, il n'aurait pas pu être décapité. Si vous ne comprenez pas cette blague, demandez à votre voisin de vous l'expliquer).

J'étais décapité, donc, mais virtuellement, puisqu'en photo et sur le blog de L'Indépendant, mais cela ne laissait que plus de place à mes ouvrages et ce sont eux, qui doivent vous intéresser, Kamash (tiens, voilà que je me fais une Delonite aigüe) n'étant que le modeste narrateur des deux grands héros de la littérature policière, Wan et Ted.

Passant à la trappe, j'accompagne Buzz, puisque, à l'instar des trois mousquetaires qui étaient quatre, nos deux héros sont trois (dont un de Troye, non, je blague), car il ne faut pas oublier l'ordinateur poète, le grand, le sublime, l'inénarrable Buzz.

Mais comme chez les Rois mages (décidément, cet article devrait plaire à Stéphane Bern tellement je parle de rois), il y a toujours un personnage du trio que l'on oublie. Faites-en l'expérience, demandez à n'importe qui le nom des trois Rois mages et, dans la plupart des cas, la personne interrogée vous citera deux noms (toujours les mêmes), mais sera incapable de citer le troisième larron.

Buzz est donc en empathie avec ce larron dont le patronyme entre en résonnance avec l'identité de Buzz puisqu'à défaut de rat, l'ordinateur est équipé d'une souris (oui, l'inconnu se nomme Gaspard et, en argot, « gaspard » signifie « rat », il faut tout vous apprendre).

Bref, tout ce galimatias (à tes souhaits, sors le dico) pour dire que la seule chose à retenir de cet article en est son excellente conclusion :

— Le plus simple est encore de se laisser tenter et de lire les aventures de « Wan & Ted ».

P. S. : Vous pourrez les trouver en version papier (dans un magnifique écrin d'essence d'arbre) ou en version numérique (à l'excellence et au graphisme rare dans le monde de l'ePub, profitez-en), sur le site d'OXYMORON Éditions.

En espérant vous compter nombreux et nombreuses comme prochains lecteurs et lectrices, vous ferez alors plusieurs heureux, dont ma Canelle et moi, mais surtout vous, car, en plus de vous offrir des romans originaux, des personnages très attachants, je vous offrirai surtout, le sourire et l'envie de dévorer tous les autres opus de la saga.