déclarationLes arts (au soleil) se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il y a ceux qui progressent et ceux qui stagnent, ceux qui innovent et ceux qui reproduisent, ceux qui découvrent les talents et ceux qui vampirisent les talents déjà découverts.

Au XXème siècle les arts sont décomposés en neuf classes :

1) Architecture

2) Sculpture

3) Peinture, Dessin

4) Musique

5) Littérature

6) Les arts de la scène (théâtre, cirque...)

7) Cinéma (d'où le terme de 7ème art)

8) Les arts médiatiques (radio, télévision, photographie)

9) La bande dessinée

Si l'on met de côté les arts les moins médiatisés et ceux que je maîtrise le moins (architecture et sculpture) pour lesquels mes arguments ne seraient pas forcément judicieux, il reste 7 types d'arts.

Parmi ceux-ci, il est assez difficile de reprocher à la peinture de faire de la « reprise ». Effectivement, à part pour « une expérience artistique », aucun peintre ne se risquerait à reproduire la Joconde en blonde ou à faire « le Déjeuner sur le béton » en parodiant le célèbre tableau d'Édouard Manet. Les critiques et les amateurs de cet art lui tomberaient, à raison, sur le râble et lui ferait regretter cet affront.

Mais, ce qui est valable pour la peinture, ne l'est malheureusement pas pour des arts plus médiatisés et plus prisés du grand public (ceci explique peut-être cela) comme le cinéma et la musique.

Si, de tout temps, et parfois pour le plus grand plaisir du public, la musique et le cinéma ont offert leurs lots de reprises ou d'hommages, il faut avouer que, désormais, cela semble devenu un réflexe systématique tant les producteurs ne veulent plus prendre de risques.

Il faut leur accorder la circonstance atténuante que, si le public boudait ces produits, les producteurs se remettraient à investir dans l'innovation.

Mais, ce n'est pas le cas et les gens, moutons parmi les moutons, confortent les producteurs dans leur certitude : un produit déjà connu est un produit que les « pigeons » vont acheter plus facilement. Produit, puisqu'à partir de ce moment-là il devient difficile de parler d'art.

Ainsi, que ce soit le 7ème art, le cinéma, ou le 4ème, la musique, les producteurs nous abreuvent jusqu'à la nausée, de reproductions en tout genre.

Ces dernières années, que ce soient les chanteurs confirmés (pour ne pas dire âgés) ou bien les béjaunes, tous nous écorchent les tympans avec leurs lots de « charlatanisme ».

Aujourd'hui, nous avons le droit à Jenifer et son album de reprises de chansons de France Gall, mais, juste avant, c'était M Pokora reprenant JJ Goldman, Murray Head et ses reprises, Daniel Guichard qui chantent ses anciennes chansons sur le mode Gypsie, Garou, Seal, Lorie, Chimène Badi, Nolwenn Leroy, Yannick Noah, Francis Cabrel, Patricia Kass, Les Stentors...

Pour le cinéma, entre les « remakes », les préquelles, les suites et les films dérivés, la création n'est plus de mise. Outre tout le cinéma horrifique qui est ainsi pillé et bafoué (« The Ring », « Rec », « Dark Water », « The Eye », « La colline a des yeux », « Piranha », « Les dents de la mer », « Massacre à la tronçonneuse »...), on nous fourgue également du « Die Hard » 5, Fast & Furious 6 et 7, Prométheus 2 (la suite de la préquelle d'Alien), Predator 3, Gatsby le magnifique, « Very Bad Trip » 3... et dans les prochains mois, « Batman jenesaispluscombien », « Superman jecomptemêmeplus », « X-Men Xème et son Volverine », « Thor 2 », « Iron Man 3 », « Hulk yenatrop », « Red 2 », « Kickass » 2, « Riddick », « Hunger Games 2 », « Gi Joe 3 ou 4 », « Scary Movie commentilsontréussisàenfaireautant », « Jurassic Park en 3D », « Star Trek avecunchiffrederrière », « Percy Jackson 2 », « Sin City 2 », « Star Wars tantquecamarcheonenfait », « Robocop cestsuryenatrop », « Captain America 2 », « La planète des singes àlatéléetaucinéma », « Les tortues ninja casentlenanar », « Transformers leplusincroyablecestquedesgensvontvoirca », « James Bond », « Avatar 2 et 3 », « Le Hobbit lasuitedudérivéduseigneurdesanneaux », « 21 Jump Street lepremierétaitdéjàtrèscon », « Blade runner 2 », « Real Steel 2 », « Salt lepremierétaitnulonvoussortunsecond », « Taken aprèslafillelepèrequivaêtrekidnappé », « Terminator quidevraitsetermineràraison », « Tron lasuiteduremake », « Van Helsing ouiyenadéjàeuun », « Pirates des caraïbes lasuitedelasuitedelasuitedelasuitedufilmtiréduneattractiondisney », « Green Lantern 2 », « Hellboy 4 », « Hancock 2 », « Hitman pluscestnulplusonfaitdessuites », « Independance Day questcequejedisaisjusteavant », « Je suis une légende encoreunesuitedunremake », « Mission impossible 5 », « Men in black commentilsvontfairesanstommy »...

Passons également sur la télévision qui fait du neuf avec de l'ancien en reprenant les concepts des émissions étrangères ou des émissions françaises (surtout des jeux), et sur le théâtre qui, lui, a toujours alterné entre reprises (ce que l'on appelle des classiques) et innovations pour en venir à l'art qui me touche le plus, la littérature.

La littérature, oui, l'un des rares arts où copier te conduit au pilori. Du coup, peu d'auteurs s'y essaient, à part PPDA, mais ce n'est pas sa faute.

La littérature, même si elle s'inspire, ne copie pas. L'innovation est donc de mise, même si on peut, parfois, reprocher que lorsqu'un livre fonctionne, tout un tas de succédanés fleurissent dans les rayons des librairies.

Mais, même un livre qui ressemble à... est un livre qui diffère de... et si ce sont toujours les mêmes auteurs qui sont mis en avant, il n'en demeure pas moins que, derrière, des centaines, des milliers d'écrivains puisent dans leurs propres inspirations pour proposer des histoires innovantes. Bien que tous les mots aient déjà été écrits, il y a toujours des auteurs pour proposer des mélanges nouveaux, des combinaisons différentes, et même d'autres qui inventent des mots.

Mais les mots ne sont rien sans les émotions et l'art de combiner les mots pour former des phrases et juxtaposer les phrases pour former des paragraphes puis d'additionner les paragraphes afin de créer des chapitres pour engranger les chapitres afin de proposer un roman, permet, au final, de créer des émotions différentes tout en utilisant les mêmes mots, les idem lettres.

26 lettres, des milliards de combinaisons et aucune n'est forcément gagnante. Car, chacun ne recevra pas de la même façon la proposition d'un auteur et c'est là tout le sel de cet art (vous me direz que cela fonctionne de la même façon avec d'autres arts, mais là, c'est de littérature dont je parle).

La langue française est une belle langue, très belle, même, riche en subtilités et qui contient plus de 100 000 mots. Sur ces 100 000 mots, la plupart des gens n'en connaissent que quelques milliers (3 000 ou 4 000) et, sur ces quelques milliers, ils n'en utilisent que quelques centaines.

Quid, alors, de l'écrivain ? Connait-il plus de mots que les autres ? Pas forcément même s'il semblerait logique que ce soit le cas puisque, désireux d'éviter un maximum de répétitions, l'écrivain cherchera des synonymes parfois plongés dans l'oubli. Selon le sujet de ses romans, l'écrivain incorporera à ses œuvres du jargon particulier ayant trait à la profession d'un personnage, à un lieu, à une architecture, à une pathologie, à un sentiment...

Tout cela pour dire quoi ? Juste pour vous expliquer que la littérature est un vieil art qui continue toujours à innover contrairement à d'autres arts bien plus récents.

Du coup, même si les éditeurs cherchent à minimiser les risques en pariant sur des auteurs déjà connus ou sur des genres appréciés du public, ils prennent toujours plus de risques qu'un producteur de musique misant sur une compilation ou un album de reprises.

Bref, pour que cet art et ces artistes puissent continuer à innover et à vous proposer des ouvrages de qualités, il vous faut les soutenir. En les soutenant, vous ferez fructifier votre capital mots. En faisant fructifier votre capital mots vous participerez au développement de notre si belle langue et en aidant à maintenir notre langue, vous ferez en sorte que les lecteurs soient encore plus avides de mots donc que les auteurs se creusent encore plus les méninges pour proposer de nouveaux mots et de nouvelles combinaisons et donc que les lecteurs engrangent encore plus de mots...

En clair, achetez des livres, vous favoriserez la création, vous participerez à l'essor de la langue française et, surtout, vous prendrez beaucoup de plaisir.

Et si vous ne savez pas quoi lire, un petit lien fait toujours du bien www.oxymoron-editions.com. Que vous soyez plutôt attirés par les livres numériques ou les livres papier, vous y trouverez votre bonheur.

Bonne lecture !