le-crepuscule-des-vieuxLe crépuscule des vieux : Dans le cimetière de Sang-Dragon, petit village aux portes de La Rochelle, on découvre une jeune fille violée et décapitée. Les tentacules tout retournés, le Poulpe fonce dans la campagne aunissienne pour y remettre de l'ordre. Mais, même s'il rencontre la beauté et la jeunesse en la personne de Jehanne, il va devoir se frotter à des pensionnaires d'une maison de retraite qui ont la fâcheuse tendance de pratiquer le sacrifice humain comme activité frénétique de club du troisième âge. Sans parler de cet étrange jeune homme qui fait siennes les répliques de Roy, l'androïde de Blade Runner...

« Le crépuscule des vieux » est un opus de la saga « Le Poulpe » écrit par Guillaume Darnaud et qui a reçu le prix du zinc en 1998.

Il ne faut pas confondre ce roman avec d'autres éponymes comme celui de Georges Bernanos.

Dans la saga du Poulpe, il y a de tout, du bon, du très bon, du moyen, du mauvais et des opus indéfinissables.

« Le crépuscule des vieux » est probablement à classer dans cette dernière catégorie, la faute à un récit ultra court et une histoire bien trop abracadabrante au final qui laisse dubitatif.

Pourtant, il y a tous les éléments d'un « Le Poulpe » avec des nazis, de la bière, une jeune femme attirante, de la castagne, le bistrotier Gérard et encore des nazis et de la bière. Mais tout va un peu trop vite et navigue dans le « on a du mal à y croire ». Effectivement, difficile de croire à cette histoire de nazis qui achètent un édifice qui a servi de lieu de torture à la Gestapo pour en faire une maison de retraite pour SS. Difficile de croire que, juste après la guerre, personne n'ait rien dit contre cette installation. Encore plus difficile de croire à cette histoire de bon Aryen parfait et immortel... ou presque.

Mais, l'auteur ne prend pas le temps de plonger le lecteur dans l'ambiance pour espérer que celui-ci ne s'arrête pas sur ces incohérences.

Cependant, malgré ces gros défauts, « Le crépuscule des vieux » se lit sans déplaisir, grâce, très probablement, à un format très court qui ne laisse pas le temps au lecteur de s'ennuyer.

Une fois le point final atteint et après avoir subi une dernière séquence qui laisse penser que l'auteur lui-même s'est rendu compte de l'ineptie de son histoire, le moins que l'on puisse dire est que l'on ne sait pas trop quoi penser de cet opus.

Cette impression est tenace et étreint le lecteur dès les premières pages, après le premier chapitre qui suit les codes de la série et présente le meurtre. A peine le deuxième chapitre ouvert sur Gabriel au bistrot en train de lire l'article sur l'assassinat et voilà notre céphalopode déjà arrivé sur place. C'est rapide, très, trop. Puis vient cette jeune femme, cette adolescente, qui retourne les sens du Poulpe et qui a des réactions pas toujours très crédibles, sorte de fantasme de l'auteur transposé entre les mains de Gabriel qui n'est pas un ange.

Des nazis dans le coin et hop, on sait de suite qui sont les coupables et que ceux-ci vont chercher à attendrir le Poulpe en lui tapant dessus, ce qui ne tarde pas à venir. Là encore, l'auteur nous sert une séquence que l'on n’arrive pas à cerner à travers cette famille qui recueille Gabriel après son passage à tabac. Cette mise en abime (l'enfant de la famille a lu les aventures du Poulpe et donc connait Gabriel), arrive comme un cheveu sur la soupe et n'apporte strictement rien à l'histoire.

Et que dire du personnage du Comte donc on ne saisit pas trop l'intérêt qu'il a de jouer un rôle.

Jehanne, l'adolescente, n'est pas en reste avec son personnage de Lolita qui met Gabriel en émoi et qui navigue entre insouciance, jeu, mais rarement tristesse après ce qu'il est arrivé à sa meilleure amie et amante.

Bref, au final, « Le crépuscule des vieux » est un roman qui se lit vite, ce qui l'empêche de devenir ennuyeux, mais qui ne marquera ni la série ni la mémoire du lecteur, aussi vite lu, aussi vite oublié.