9782842193751Parkinson le glas : Été 2000. Le Poulpe est fatigué. Dix ans de bastons, ça use les nerfs et les méninges. Les vacances seraient bienvenues. Ça tombe bien : Cheryl part à Belle-Ile avec sa copine Odile, la prêtresse du realityshow. Mais à force de chercher chicane à la terre entière, on se fait des ennemis, et on finit par passer à la caisse. L'addition est salée. Un vrai massacre ! Grâce à Raymond, Gabriel s'envole pour Sauzon et redécouvre avec Cheryl la vie, la vraie. Farniente, fruits de mer, Hemingway, fiesta avec les branchés de la télé, concours de calembour avec Bruno Masure. Mais le répit est de courte durée. La côte Sauvage n'a jamais si bien porté son nom. Gabriel retrouve le réflexe octopode, efficacement secondé par l'ami Masure. Les affreux qui rôdent dans les dunes apportent dans leurs bagages un cadeau surprise qui lui vaudra une plongée dans le passé pas piquée des homards.

« Parkinson le Glas » est un roman de Gabriel Lecouvreur, lui-même. Mais l'auteur n'en est pas à sa première noce avec le céphalopode puisque sous ce pseudonyme se cache en fait l'auteur de « La cerise sur le gâteux » et du futur opus « Castro c'est trop », c'est-à-dire Jean-Jacques Reboux.

Jean-Jacques Reboux est proche des mouvances anarchistes et altermondialistes. L'homme n'aime pas les codes et, pour lui, les règles sont faites pour être contournées. C'est pour cette raison, et parce qu'il aime beaucoup le personnage de Gabriel Lecouvreur, qu'il revient à la charge sous pseudonyme (pour ne pas que JB Pouy, créateur de la série, refuse de l'éditer à nouveau) en écrivant « Parkinson le glas » et qu'il reviendra encore, avec un troisième opus (le seul auteur dans ce cas).

Pour les mêmes raisons, il va chambouler le déroulement des histoires ainsi que le héros.

« Parkinson le glas » débute pourtant tout de même par la scène classique d'introduction avec ces touristes japonais qui filment l'enlèvement d'un homme par des brutes épaisses. La seconde scène place même Gabriel Lecouvreur dans son bar fétiche. Mais il n'apprendra pas l'évènement précédent dans le journal puisqu'il l'a vécu de l'intérieur, l'homme enlevé, c'était lui.

Molesté, battu, frappé, menacé puis relâché, sans comprendre la raison de l'enlèvement ni celle de sa remise en liberté, Le Poulpe commence alors à se poser des questions sur son existence, sur sa vie, sur sa relation avec Chéryl.AVT_Jean-Jacques-Reboux_6360

C'est alors qu'il décide de prendre des vacances et de rejoindre sa belle sur l'île de Belle-Île. Mais les vacances sont de courte durée, là où se trouve Le Poulpe, les ennuis ne sont jamais loin.

Rattrapé par son passé dans tous les sens du terme, Gabriel va devoir compter sur les vieux de la vieille, Pedro en tête, pour se sortir de l'embarras et protéger les personnes chères à son cœur.

« Cerise sur le gâteux », le premier opus écrit par l'auteur est le seul épisode que j'ai abandonné en cours de lecture. Je m'y recollerai un jour, car je suis persuadé que le fait que je ne sois pas entré dans le roman, c'est aussi et surtout dû au fait que j'ai commencé la lecture dans de mauvaises conditions.

Avec « Parkinson le glas » le problème ne s'est pas posé, je l'ai lu rapidement et donc, suis allé au bout sans problème. Pourtant, je dois confesser que le plaisir de lecture n'a pas toujours été au rendez-vous principalement à cause des multiples références à des épisodes du Poulpe que je n'avais pas lu (notamment « Feinte alliance » et « Lundi c'est sodomie »).

Mais, ce qui m'a gêné également, c'est la façon dont l'auteur gère son héros. Là, on sent un héros désabusé, blasé, certes, mais avec la peur vissée au ventre, ce qui n'est pas dans son habitude. De plus, l'auteur lui colle un rejeton dans les bras, mais un poulpinet déjà plus qu'adolescent. La présence, également, du personnage de Bruno Masure m'a dérangée. Je ne sais pas si Reboux connait personnellement Masure, mais utiliser une vraie personnalité dans une fiction sans que cela apporte quoi que ce soit (l'auteur aurait très bien pu inventer un personnage d'ancien journaliste télévisé, mais en s'inspirant de Masure, mais en le renommant) est une méthode qui me met un peu mal à l'aise.

Question style, pas grand-chose à dire puisqu'il n'y en a pas réellement, en tout cas, on ne s'arrêtera par sur une phrase en disant : « Ouaou, c'est bien écrit » (désolé, je suis en train de lire un roman de Daniel Pennac et je m'exclame ainsi à chaque page), mais, évidemment, on ne demande pas forcément à ce genre de romans de gare de nous proposer une plume très alerte (bien que ce fût parfois le cas).

Question humour, c'est pas la grande « poilade » contrairement à certains épisodes et les calembours manquent énormément.

Au final, « Parkinson le glas », sans être un épisode essentiel de la saga, loin de là, se lit tout de même relativement bien et propose, au lecteur, un Gabriel Lecouvreur un peu éloigné de l'imagerie habituelle de notre céphalopode préféré et une rencontre entre trois générations d'anarchistes, Pedro, Gabriel et son fils.