bv000003À l'école, on vous fait comprendre que se pencher sur l'Histoire permet d'appréhender le Futur et, surtout, d'éviter de commettre les mêmes erreurs que par le passé.

Les développeurs de la firme Adobe ne semblent donc pas avoir été à l'école, ou, tout du moins, ne pas s'être intéressés à la transition entre la musique sur support classique et la musique dématérialisée puisque ceux-ci s'apprêtent à commettre les mêmes stupidités que leurs prédécesseurs.

Effectivement, Adobe, créateur du DRM pour empêcher la copie des fichiers ePubs (laissez-moi rire !), vient de mettre en place un DRM Musclor, un verrou si ce n'est inviolable, du moins bien plus difficile à se débarrasser que le DRM classique qui, rappelons-le, peut se faire sauter en quelques centièmes de seconde sans aucune connaissance particulière en informatique.

Pourquoi pas, me direz-vous ; après tout, qu'importe le DRM pourvu qu'on ait la lecture. C'est là que le bât blesse, car il se pourrait bien que vous n'ayez pas toutes vos lectures une fois que ce verrou, nouvelle version, sera démocratisé.

En effet, à la date butoir prévue au départ en juillet 2014, mais repoussée récemment à l'on ne sait quand en raison des vives protestations de certains, le DRM Musclor deviendra le seul et l'unique verrou de vos livres.

Pour se faire, Adobe Digital Edition passera d'une version 2.0 à une version 3.0 et les fichiers ACS (partie serveur destinée aux éditeurs) passeront d'une version 4.0 à une version 5.0 et les fichiers RMSDK (qui servent au rendu à l'écran du côté du lecteur) passeront de la version 9.0 à la 10.0.

Toujours aucun problème avec cette information si ce n'est que le DRM Musclor devrait être incompatible avec son prédécesseur et qu'il obligerait les lecteurs à faire des Mises à Jour du Firmware de leur appareil de lecture pour pouvoir gérer cette nouvelle technologie. Et c'est bien là que devraient commencer les problèmes pour les lecteurs et donc les acheteurs de livres ainsi protégés, c'est qu'en passant à Adobe Digital Edition 3.0, tous les livres achetés précédemment ne devraient plus être lisibles. Bien sûr, on pourra toujours compter sur les Mises à Jour des fabricants des liseuses, mais, s'il risque de falloir attendre un petit peu pour les derniers modèles de liseuses, qu'en sera-t-il pour les possesseurs d'anciens modèles de liseuse dont les fabricants ont arrêté de proposer régulièrement des Mises à Jour des Firmwares ?

Et bien ils seront condamnés à racheter les ouvrages protégés, cette fois-ci, par le DRM Musclor, ou bien de se passer de leur ancien achat ou encore de chercher à trouver ces livres débarrassés de leurs verrous en naviguant sur des sites de téléchargements illégaux.

Bien sûr, le report de la date butoir semble démontrer que les concepteurs commencent à réaliser les problèmes que tout cela risque de poser, mais on peut être assurés qu'étant donné leur monopole en matière de verrous de livres numériques, le lecteur finisse par peser bien peu dans la balance.

Aussi est-il encore plus d'actualité de faire prendre conscience aux lecteurs qu'il faut lutter contre les DRM. Il faut leur expliquer qu'il existe des éditeurs et des auteurs qui luttent contre ces fameux verrous et qui proposent leurs ouvrages sans aucun obstacle à la lecture ni aucun risque de péremption.

Il faut donc faire comprendre aux lecteurs que la meilleure solution, pour lui, est de se tourner vers des éditeurs luttant contre les DRM et d'acheter leurs ouvrages sur des plateformes ne rajoutant pas de DRM dans tous les ouvrages fichiers (c'est-à-dire, la FNAC, KOBO et consorts) et préférer, si ce n'est d'acheter directement sur le site de l'éditeur, au moins d'acheter dans des librairies proposant les ouvrages tels que l'a voulu l'éditeur.

Je rappelle, enfin, qu'en tant qu'éditeur et qu'en tant qu'auteur, que je lutte activement contre toutes formes de verrous, de protections en tous genres comme les tatouages numériques (les Watermarks).

Ainsi, les ouvrages distribués par OXYMORON Éditions ne sont pas verrouillés ni tatoués afin d'en faciliter la lecture, de permettre à l'acheteur de les lire où il veut, sur le support qu'il désire, que ce soit sa tablette, son ordinateur, son ancienne liseuse, sa nouvelle liseuse, sur la liseuse qu'on lui aura prêtée sans qu'il n'y ait aucune contrainte liée à un compte utilisateur ou un nombre limité de supports de lectures.

Alors, vous aussi, luttez contre les DRM, boycottez les librairies et les éditeurs usant de ces verrous qui finiront toujours par vous poser des problèmes et vous empêcher de profiter des livres que vous aurez achetés.