ecorchee_donato_carrisiDonato Carrisi est un auteur italien qui s'est fait grandement remarquer avec son premier roman, « Le chuchoteur », que j'ai déjà critiqué, .

Si je n'avais pas été aussi enthousiaste que la plupart des lecteurs, je reconnaissais tout de même des qualités à ce roman, notamment au milieu de celui-ci, moins au début, et encore moins à la fin.

Avec « L'écorchée », Donato Carrisi nous livre une suite fortement attendue par son lectorat. Suite ? Pas vraiment puisque les deux romans peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre, mais suite, tout de même, puisque l'auteur reprend certains de ses personnages, dont le principal, sept ans après l'affaire du « Chuchoteur ».

L'écorchée : « JE LES CHERCHE PARTOUT. JE LES CHERCHE TOUJOURS. » Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres. On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi. Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila. ET PUIS, SOUDAIN, CES DISPARUS RÉAPPARAISSENT POUR TUER. Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l’ombre.

Sept ans après avoir résolu l'affaire du « Chuchoteur », Mila Vasquez s'est réfugiée dans « Les Limbes », un service spécial de la police réservée aux disparitions. Dans cette section, enfermée dans un sous-sol, Mila Vasquez vit avec les oubliés, tous ces disparus, dont les photos jonchent les murs, jusqu'à celle d'un de ses collègues, disparu, lui aussi.

Toujours incapable de la moindre empathie, la jeune femme s'est résolue à laisser sa fille de sept ans vivre sans elle, auprès de sa grand-mère, mais garde un œil sur elle grâce à une webcam installée secrètement dans sa chambre.

donato carrisiMais voilà que ressurgit un oublié 20 ans après sa disparition pour assassiner une famille, ne laissant qu'un enfant en vie pour témoigner de son retour. À travers son meurtre, l'homme laisse des indices guidant Mila vers un autre meurtre, commis également par un oublié. Là encore, un indice pour trouver le prochain crime...

Pour résoudre l'affaire, le chef de Mila l'enjoint à prendre contact avec un flic paria qui a enquêté, il y a vingt ans, sur une série de disparitions.

« L'écorchée » reprend la trame du « Chuchoteur » avec la poursuite d'un criminel expert en manipulation mentale à travers des crimes sur les lieux desquels Mila trouve un indice pour trouver le crime suivant. Pour autant, l'auteur semble mieux maitriser sa trame narrative et évite les moments de flottement du premier opus.

Le lecteur est alors plus happé par l'histoire qu'il ne l'était dans « Le chuchoteur » et en découle un plaisir de lecture amplifié.

Donato Carrisi a la volonté de dématérialiser son histoire en occultant les notions d'espace et de temps (l'histoire n'est fixée ni géographiquement ni temporellement), un procédé que je peux comprendre pour l'avoir utilisé.

Pour le reste, l'enquête est haletante et le rythme ne faiblit jamais jusqu'à la fin qui, malheureusement, comme bien souvent, est un peu tirée par les cheveux, mais on a vu pire dans le genre.

On ne peut que regretter que l'auteur n'utilise pas toutes les possibilités de son personnage principal, Mila Vasquez, dont la pathologie (elle est incapable d'empathie) est malheureusement sous-exploitée (elle l'était déjà dans « Le chuchoteur », mais beaucoup moins).

Au final, « L'écorchée » est un bon roman policier qui peut se lire indépendamment du « Chuchoteur », même s'il vaut mieux les lire dans l'ordre.