488923775A.D.G. est un auteur de polars dont le véritable nom est Alain Fournier. Pas l'auteur de « Le grand Meaulnes », non, lui a écrit « Le grand Môme ».

C'est probablement parce qu'il n'a jamais supporté que ses parents le prénomment comme le célèbre auteur qu'il a fini par livrer sa propre version de l'œuvre de son homonyme.

Le grand Môme : Cet automne-là, les feuilles ne furent pas les seules à mourir en Sologne. Le domaine inconnu des vieux souvenirs ne tarda pas à ressembler à une chapelle funéraire et la femme mystérieuse à une pourvoyeuse de morgue.
Mais d’où venait donc ce grand môme qui, impavide, se baladait au milieu des massacres ?

Tout comme dans l'œuvre originale, un jour, un personnage se nommant Augustin débarque et va bouleverser la vie du narrateur.

Ici, on est loin des établissements scolaires et des adolescents. Le narrateur ne s'appelle plus François Seurel, mais Serguie Djerbitskine, il n'est plus écolier, mais un journaliste sportif d'une feuille de chou local et n'a plus la candeur de l'adolescence, mais toutes les perversions de l'hédoniste avec en premier plan le sexe et l'alcool.

Alors qu'il boit un coup dans un rade, Serguie Djerbitskine, que tout le monde appelle Machin, car c'est plus facile à prononcer que son vrai nom, est victime d'une agression de la part de racketteurs qui lui demandent de se foutre à poil.

ADGQuelques heures plus tard, pour se remettre, il s'en va à l'Écu, un bordel tenu par un couple atypique. C'est là qu'il va faire la connaissance d'Augustin, un homme débarqué d'on ne sait où avec sa petite fille dans un panier, mais c'est à ce moment aussi où il est victime pour la deuxième fois de la part des mêmes racketteurs motards. Augustin s'avère aussi peu bavard que plein de ressources, mais une chose est sûre c'est que, naturellement, il s'attire la sympathie de tous, même de Machin.

Quand Nathalie débarque chez Machin en s'accusant du crime d'un des probables membres des racketteurs, l'histoire va sombrer dans la violence.

A.D.G. reprend des personnages qu'il affectionne, Maître Delcroix, avocat, ici dans un rôle secondaire et Serguie Djerbitskine alias Machin, journaliste sportif. On peut croiser le duo dans « Pour venger Pépère » que j'ai déjà critiqué ou bien « On n'est pas des chiens » dont la critique est à venir.

« Le grand Môme » a tout ce qui fait la saveur des romans d'A.D.G., des personnages attachants, un style mélangeant humour, jeux de mots, néologisme, une histoire plaisante à la fois légère et sombre.

A.D.G. a ses marottes, les « prébendes », la jambe du footballeur Pétrelle qui est toujours cassée par un adversaire, les gauchistes, les homosexuels...

Mais, ses travers sont suffisamment discrets dans le roman, encore une fois, pour apprécier son écriture à sa juste valeur.

Le personnage d'Augustin est à la fois mystérieux et attachant et il ne séduit pas que les protagonistes de l'histoire, mais également le lecteur. Car le bonhomme est laconique, limite taciturne et, ce qui rendrait un autre antipathique, fait, chez lui, l'effet contraire.

Du coup, la mère maquerelle le bichonne lui et surtout sa fille, Machin les héberge tous les deux et tout se déroule avec une certaine légèreté avant de sombrer dans la violence.

Bref, c'est avec un réel plaisir que l'on suit, de nouveau, les mésaventures des personnages d'A.D.G., Machin en tête, à travers la plume savoureuse de l'auteur.

Si ma première découverte d'A.D.G. avait été une réelle bonne surprise, ce second roman lu confirme un réel coup de cœur pour la plume de cet écrivain.