le-bal-des-cagoleslightPhilippe Carrese est un touche-à-tout marseillais qui œuvre également dans la littérature pour mon plus grand plaisir. Je vous ai déjà parlé de deux de ses romans, les excellents « Graine de courge » et « Trois jours d'engatse ».

Je reviens à la plume de l'auteur par l'intermédiaire d'un roman que je n'aurais jamais ouvert s'il n'était pas signé de la plume. Effectivement, la quatrième de couverture n'était pas faite pour me séduire.

Le bal des Cagoles : « Spécialité marseillaise, la cagole peut avoir de deux à cent-deux ans. Avant deux ans, on ne se rend pas bien compte à cause du manque de vocabulaire, après cent-deux ans, l'usage du chewing-gum est déconseillé. La cagole est la cible idéale de la mode clinquante à bon marché, des casting de top-model dans les arrière-cours des bars de quartiers et des beaux mâles bruns à gourmettes dorées, toison pectorale développée et bagnole à jantes larges. Félix est une cagole, une authentique, une des quartiers nord, du nord des quartiers nord. Félix est une fille et s'appelle Félix. Tout le monde l'appelle Félix et personne ne se pose plus la question. Félix est peut-être son nom de famille, peut-être un surnom... Félix est enceinte. Et Félix ne le sait pas. Pas tout de suite. Car voilà le vrai sujet du livre : Le bal des cagoles est le premier polar intra-utérin. »
Philippe Carrese

Si ce n'est le terme de « Polar intra-utérin » qui attise la curiosité, le reste me laissait totalement dubitatif, mais, Philippe Carrese oblige, je me suis dit que j'allais le tenter.

Ce roman confirme que, parfois, il vaut mieux se ranger du côté de la première impression puisque, au final, je n'ai pas du tout aimé le roman même si je suis allé jusqu'au bout (le fait qu'il soit assez court aide à la démarche).

capLes raisons de cette déception sont principalement au nombre de deux. La seconde est l'impression que l'auteur se force à un exercice de style avec sa démarche de « polar intra-utérin » alors que le terme ne correspond en rien au résultat. Et la première est toute simple : le personnage principal.

Dans « Graine de courge », on s'attachait à l'équipe de bras cassés qui ratait leur cambriolage. Dans « Trois jours d'engatse » on entrait en empathie avec ce personnage qui cherchait à voir le visage de l'homme qui avait écrasé sa voisine et qui sombrait dans l'ultra violence. Dans « Le bal des Cagoles », on se désintéresse totalement du sort de la Cagole, de Félix, tant elle est totalement vide comme un personnage de téléréalité. Bien simple, une bimbo des « Marseillais à Rio », des « Ch'tis à Hollywood » ou des « Anges de la téléréalité » est bien plus charismatique que cette Félix, c'est peu dire.

De plus, la Cagole est insupportable. Elle chante comme une casserole, mais se voit déjà comme la future Céline Dion, elle tombe amoureuse d'un homme uniquement parce qu'il est beau, même si c'est le plus gros con de la planète (le pire, c'est qu'elle n'apprend rien de ses échecs et qu'elle récidive) et elle est aussi inculte qu'une pomme de terre (qui pourtant est cultivée).

Du coup, je me suis totalement foutu de son sort, je n'ai jamais tremblé pour elle, me suis lassé de ses mésaventures qui, de plus, tournaient en rond et même la fin m'a laissé totalement de glace.

Si on rajoute à cela l'absence des qualités de plume de l'auteur que l'on avait pu apprécier dans les deux romans précités, de l'humour, des insultes marseillaises... on comprendra aisément la déception qui fût la mienne lors de cette lecture, une déception à la hauteur du plaisir de lecture des précédents romans de Philippe Carrese.