makoLaurent Guillaume est un ancien lieutenant de police d'une brigade anticriminalité. Aucune surprise, donc, que son premier roman se déroule au sein de la BAC et que son personnage principal soit un flic, Makovsky alias Mako.

Mako : Paris, la banlieue... À la sortie d'un night-club, une jeune fille est victime d'une sauvage agression. Mako, policier de la BAC, taciturne et endurci, obsédé par l'idée d'en punir lui-même l'auteur, s'investit dans l'enquête au-delà de la raison. Il déclenche une traque qui l'emmènera loin, aux confins de la folie, là où le bien et le mal se confondent. De l'enfer des trottoirs aux boites de nuit branchées, Mako hante les basfonds d'une société en perdition.

Mako est un flic dur à cuire qui ne suit pas les règles et qui est prêt à tout pour arrêter les criminels. Il aime les motos, le combat, la musculature, il boit, il trompe sa femme, préfère être sur le terrain que chez lui, est obsédé par son travail.

Rien de nouveau au pays de Mako, apparemment, puisque ce descriptif collerait à bien des flics de la littérature policière actuelle.

Pour autant, Mako a quelque chose de plus, une faille immense que l'on devine sans en imaginer sa profondeur (la révélation en sera d'autant plus terrible). Quand Mako débarque sur les lieux d'un viol et voit le corps malmené de la jeune femme, la rage le prend aux tripes et il ne peut s'empêcher de dérouiller le violeur malgré la force et la corpulence de celui-ci. Mais quand le violeur est relâché, notamment parce que Mako l'a retabassé dans sa cellule, le flic fera du Kosovar (le violeur) son obsession au point, tel un pitbull, de ne plus lâcher sa proie malgré les coups.

Et c'est dans une descente en enfer que l'on accompagne Mako, un bon flic qui utilise les mauvais moyens pour rendre la justice, sa justice, pour une jeune femme violée et battue qu'il ne connaissait pas.

Car, le Kosovar n'est pas qu'un violeur compulsif, il appartient à un réseau de prostitution qui veut également s'attaquer au trafic de drogue.

AVT_Laurent-Guillaume_9704Pour arriver à ses fins, Mako va se mettre en marge et tout risquer, jusqu'à sa vie, son honneur, son métier...

L'écriture de Laurent Guillaume ne cherche pas à faire dans la fioriture, dans l'exercice de style ou dans la démonstration. Elle est sincère, sèche, parfois brutale... autant dire qu'elle colle à son sujet. Et le sujet, l'auteur le maitrise d'autant plus qu'il a beaucoup puisé dans sa propre expérience et dans son vécu pour alimenter son personnage. La nuit, la violence, les flics qui sont accros au terrain, qui en délaissent leur famille, Laurent Guillaume semble bien connaitre. C'est la principale raison pour laquelle, malgré un personnage principal pas très très original (à part dans son secret), une histoire qui n'a rien d'extraordinaire, Laurent Guillaume nous tient en haleine, car on se croirait assis sur le siège passager de la BAC 47, l'unité de Mako, quand elle arpente les rues de la ville, la nuit.

Du coup, la crédibilité de l'écriture rend crédible les personnages et donc nous permet de vivre avec eux, de souffrir avec eux...

L'auteur nous trimbale alors au travers du côté obscur du métier et nous livre, sans concession, la façon de vivre et de se détruire de Mako. De se détruire et de tout détruire, sa vie, son couple, l'admiration du jeune flic qui débarque, plein d'illusions...

Au final, « Mako » est un excellent roman, qui sent la sincérité, la testostérone, la violence, le sang, la vengeance... un roman policier qui se lit avec un réel plaisir et qui permet de s'accrocher à un personnage principal malgré le manque d'originalité durant presque tout l'ouvrage de celui-ci.

À noter que Mako sera le personnage principal du second roman de Laurent Guillaume, « Le Roi des crânes ».