a-vos-marx-prets-partezLe Poulpe est de retour et cette fois il va devoir sauver Karl Marx en personne :

À vos Marx, prêts, partez ! : Pendant que le Poulpe s'enfonce dans la déprime, se noie dans la fleur de bière et se nourrit d'antidépresseurs, le Consortium — une bande d'affreux mégalomanes démoniaques au pouvoir illimité mais néanmoins vacillant — a décidé de tuer Karl Marx dont ils considèrent les théories comme le dernier bastion à abattre pour régner sans partage sur le monde ; ces mêmes théories qui aident Gabriel à ne pas sombrer complètement. Aussi, lorsque Alfredo Garcia vient solliciter son aide afin de déjouer le projet diabolique du Consortium, c'est un Poulpe certes sidéré, mais décidé qui se prépare à voyager dans le temps pour aller sauver Marx.

Gabriel Lecouvreur sombre dans la déprime. N'ayant plus de but, doutant de sa relation avec Chéryl, il sombre dans le sexe, l'alcool et les médicaments.

Il n'est plus l'ombre que de lui-même quand Alfredo Garcia lui propose de sauver ni plus ni moins que Karl Marx en personne. Mais Marx est mort ! Oui, mais un consortium de vieilles peaux dirigeant le monde de la finance dans l'ombre a fait construire une machine à remonter le temps afin d'assassiner Marx dont les idées commencent à menacer le capitalisme présent. Le Poulpe va donc se retrouver au temps des barricades et de Gavroche pour sauver son maitre à penser.

AVT_Jerome-Leroy_6332Jérôme Leroy croise ses thèmes avec ceux, imposés, de toute histoire du Poulpe. On ne s'étonnera donc pas de retrouver l'angoisse d'un futur gangréné par la société de consommation et un fond d'anticipation dans le monde anarchiste baigné de bières de Gabriel Lecouvreur.

Si « À vos Marx, prêts, partez ! » est à placer dans le haut du panier des opus de la saga, il n'en est pas pour autant l'un des meilleurs (il y en a plus de 200) malgré l'idée de faire se croiser Marx et le Poulpe. La faute principale en revient à la structure de ce très court roman qui consacre au moins ses trois quarts à présenter le Consortium et à mettre en place l'action pour n'accorder que quelques pages au voyage de Gabriel Lecouvreur dans le temps.

Fort dommage, donc, car on aurait apprécier suivre les aventures du Poulpe dans un passé révolutionnaire, le voir converser avec Marx, croiser Gavroche...

Au lieu de cela, pas grand-chose avec cette fin abrupte.

De plus, l'auteur fait souffrir notre héros en nous présentant un homme délabré, alcoolique, drogué, désabusé, désenchanté, loin de l'image qu'il donne habituellement.

Au final, si « À vos Marx, prêts, partez ! » n'est pas un mauvais roman, il pêche par un format très court qui empêche l'auteur d'aller au bout de son histoire (à moins que cela soit volontaire) et qui frustre le lecteur, et un lecteur frustré est un lecteur insatisfait.