valseGuillaume Prévost est un professeur d'Histoire, agrégé d'Histoire et écrivain.

Rien d'étonnant alors que ses histoires se mêlent avec l'Histoire, c'est le cas de presque tous ses romans, dont la quadrilogie des « enquêtes de François-Claudius Simon ».

« La valse des gueules cassées » est le premier opus de cette quadrilogie et nous propose de suivre les aventures de François-Claudius Simon, un jeune homme qui s'est engagé dans la police juste après avoir été démobilisé sur blessure à la fin de la Première Guerre mondiale.

C'est, souffrant d'une terrible migraine due à une blessure au crâne que le François-Claudius, qui a été élevé dans un orphelinat et été pris sous l'aile de Mado, une vieille épicière, lorsqu'il a débarqué à Paris, va se retrouver sur une terrible affaire de meurtres.

Des hommes sont retrouvés, le bas du visage fracassé, laissant supposer que le meurtrier est peut-être un mutilé de la guerre.

La valse des gueules cassées : Printemps 1919. Dans une France exsangue, qui n'en finit pas de panser ses plaies, un cadavre est découvert au sous-sol d'un hangar abandonné de la gare Montparnasse, le visage atrocement mutilé. C'est la première affaire de François-Claudius Simon, jeune inspecteur à la brigade criminelle et lui-même rescapé des tranchées, qui est chargé de remonter la piste du tueur. Bientôt, les meurtres se succèdent, suivant le même rituel macabre : non content d'exécuter ses victimes, tous d'anciens soldats, l'assassin les transforme en gueules cassées. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi l'horreur après l'horreur ? Au fil de son enquête, François-Claudius perdra quelques illusions, découvrant qu'il peut être dangereux de se frotter à sa hiérarchie quand le cynisme politique utilise sans vergogne la souffrance des poilus, ses frères de combat... Mais cette première affaire finalement résolue avec brio lui ouvrira aussi les portes d’une carrière promise à un bel avenir. Et puis il y rencontrera l'amour, sous les traits de la lumineuse et rebelle Elsa, ne se doutant pas encore qu’il va devoir, pour elle, entreprendre une enquête d'une autre ampleur : sur son propre passé, dont il ne connait pas grand-chose et dont il a toujours prétendu ne rien vouloir savoir...

AVT_Guillaume-Prevost_4230François-Claudius est un policier atypique, orphelin, mais pas vraiment, blessé de guerre, intelligent et courageux, mais perturbé par un cauchemar récurrent, respectueux de sa hiérarchie bien que ne partageant pas les mêmes idées. Formé aux méthodes balbutiantes de la police scientifique, perspicace, François-Claudius est promis à un bel avenir au sein de la police. 

C'est d'ailleurs l'avis de son supérieur qui décide de le jeter dans le bain sur une affaire particulièrement atroce puisque le corps d'un homme a été découvert, le bas du crâne fracassé....

C'est un réel plaisir de suivre l'initiation au métier de ce jeune bleu prometteur. En plus de l'histoire policière, l'écrivain nous livre également des pans de l'Histoire de France, les deux se mélangeant pour le plus grand plaisir du lecteur.

Malgré l'époque lointaine dans laquelle se déroule l'affaire, l'enquête se suit avec une certaine délectation et nous tient en haleine jusqu'au bout.

L'auteur nous plonge dans l'immédiat après-guerre et à aucun moment l'on ne doute un instant de ce qui se déroule sous nos yeux.

Au final, « La valse des gueules cassées » est un excellent roman policier qui nous présente un personnage attachant (François-Claudius Simon) à travers une enquête passionnante. À peine le point final dévoré, le lecteur a envie de retrouver François-Claudius et, coup de bol, Guillaume Prévost avait prévu le coup puisqu'on peut retrouver son policier dans « Le bal de l'équarrisseur », le deuxième opus de la quadrilogie autour du personnage.