9782213662671 « La France tranquille » est le cinquième roman d'Olivier Bordaçarre.

Avec un titre rappelant un slogan de campagne de François Mitterand, l'auteur nous livre un roman policier et une réflexion sur la France profonde et l'état d'esprit d'une part de la population.

La France tranquille : Nogent-les-Chartreux, c’est la France d’aujourd’hui. Clocher sur fond de plaine, centre-ville soigné et périphérie discount, jeunesse désabusée, chômeurs exsangues et minorités trop visibles... Une France morose, minée par la crise et les JT du soir. La folie d’un tueur met le feu aux poudres. En campagne électorale, les autorités sortent l’artillerie lourde : contrôles incessants, couvre-feu, patrouilles en treillis. Une politique sécuritaire souffle la peur sur les esprits. Nogent désormais vit la main sur le fusil. Boulimique et stressé, le commandant de gendarmerie Paul Garand assiste, impuissant, au triomphe de la haine ordinaire. Jusqu’à ce que son fils de vingt-cinq ans soit à son tour menacé... À l’heure de l’économie reine et du repli identitaire, Olivier Bordaçarre dénonce l’enracinement dans les consciences des idées d’une droite extrême. Dans la lignée du néo-polar, il signe le portrait d’une France qui se rêve tranquille et se réveille en plein cauchemar.

image_195Ce roman est un objet littéraire assez curieux. Avec une enquête intéressante et un personnage principal original, ce livre avait tout pour plaire. D'autant que l'auteur ne se contente pas d'un système narratif classique, mélangeant les temps, les styles, il tente de proposer autre chose. Pour autant, l'ouvrage a les défauts de ses qualités. Effectivement, si Paul Garand est un flic comme l'on en rencontre peu dans les romans policiers, il est également un peu faiblard pour porter le roman sur ses épaules. Quant à la narration, certes, l'auteur tente des choses, mais ces changements sont parfois déroutants et lassants.

Du coup, le roman est à l'image de la narration et du personnage principal, inégal, déroutant, parfois lassant, un peu faiblard, mais intéressant.

Malgré un début très prometteur mettant en place le premier crime et le personnage du flic, j'ai, ensuite, été tenté de stopper ma lecture, mais je me suis accroché, car ce roman a quelque chose de particulier.

Certes, l'intrigue policière n'est pas très approfondie, d'accord, la critique sociale est un peu grosse, effectivement, le personnage de Garand n'est pas exceptionnel et, si, au final, aucun point n'est de grande qualité, nul, non plus, ne possède de défauts rédhibitoires. 

À cause de cela, ou grâce, j'ai donc perduré dans ma lecture jusqu'à arriver au bout sans jamais être convaincu par l'histoire, mais en me disant que le roman avec un certain potentiel et que même si l'auteur n'a pas réussi un coup de maître, il aura au moins tenté d'apporter une certaine originalité dans la forme et dans son personnage et c'est déjà mieux que beaucoup d'autres auteurs du genre.