9782266201971« 120, rue de la Gare » est un roman de Léo Malet. C'est par ce roman que l'auteur nous présente son personnage fétiche de Nestor Burma.

120, rue de la Gare : Burma avait pris ces huit mois de captivité en Allemagne comme de longues vacances. Libéré en 1941, il regagne Paris et son agence « Fiat lux », en sommeil depuis le début de la guerre. Pas pour longtemps. À la halte de Lyon, une fusillade éclate et son ex-collaborateur Colomer est abattu sous ses yeux. Il lance dans un dernier cri : « Patron !… 120, rue de la Gare… ». Adieu la morne tranquillité du stalag ! D’où Colomer, éternel fauché, tenait-il le fric retrouvé sur lui ? Comment connaissait-il Montbrison, une star du barreau réfugié en zone libre ? Que faisait sur les lieux cette jeune femme en trench-coat, sosie de l’actrice Michèle Morgan ?Dès sa toute première enquête, Nestor Burma apparaît tel qu’il deviendra légendaire : trop humain, désavoué par la police, drôle et flegmatique, rêveur et toujours génial dans ses déductions.

Nestor Burma est né d'une volonté, presque d'une commande, de créer des romans policiers « américains » à la française avec un soupçon de policier à « l'anglaise » comme le confirme le final de ce roman.
Ayant commencé l'écriture sous pseudonyme anglophone, avec des personnages américains et des histoires se déroulant supposément aux É.-U., Léo Malet décide de faire du roman policier français se déroulant en France avec des personnages français.
Ainsi est né Nestor Burma, le détective qui met le mystère K.O.
L'auteur insuffle à son personnage beaucoup de sa propre personne (l'esprit anarchiste, le passage dans un stalag...)

Leo« 120, rue de la Gare » démarre donc dans un stalag. Nestor Burma est présenté comme le célèbre détective dirigeant l'agence « Fiat Lux ». Le lecteur n'a donc pas forcément l'impression de se trouver devant la première aventure de ce héros bien que ce soit le cas.

Personnage jovial, positif, intelligent, un brin frondeur, n'hésitant pas à jouer de son physique, de son charme ou de son ironie, en fonction de son adversaire, Nestor Burma est un détective moderne dans une époque qui l'est moins.
L'histoire se déroule donc à la fin de la Seconde Guerre mondiale même si le contexte historique ne sert en rien l'enquête ou la narration. Le sentiment à la lecture est juste que l'auteur veut insuffler à son personnage ses propres expériences et a la volonté d'écrire et de décrire l'époque au jour où il l'écrit.
C'est donc au Stalag que Nestor Burma fait la connaissance d'un étrange personnage à la mémoire défaillante. Arrêté durant la guerre dans la forêt, découvert les pieds brûlés, l'homme n'a, depuis, jamais réussi à se rappeler qui il était. C'est d'autant plus étonné que Burma recueille les dernières paroles que l'homme murmure dans son dernier souffle « Hélène, 120, rue de la Gare ».
Une fois démobilisé, Nestor Burma s'apprête à retourner à Paris, mais, lors de l'arrêt de son train en gare de Lyon, son ancien collaborateur se trouve sur le quai. Nestor l'appelle, Colomer, le détective partenaire, se précipite vers Burma et a tout juste le temps de crier « 120, rue de la Gare » avant de se faire assassiner sans que l'on sache par qui.
Nestor Burma est loin d'être un crétin. Deux personnes aussi distantes l'une de l'autre dans le comportement et le lieu de vie que l'étrange prisonnier et son ancien partenaire, qui meurent après avoir prononcé l'adresse « 120, rue de la Gare », tout cela ne peut pas être une coïncidence. L'adresse doit déceler un sacré mystère, oui, mais voilà, ladite adresse n'existe pas, c'est donc réellement un mystère.
Léo Malet nous livre un roman assez court dont l'intrigue n'est pas la principale qualité. Effectivement, le point fort du livre est incontestablement son personnage principal. Le charisme de Nestor Burma est indéniable et l'on comprend que l'auteur ait eu envie de lui faire vivre de nombreuses aventures.
Au final, « 120, rue de la Gare » nous fait découvrir un personnage intéressant et attachant, mais souffre d'une intrigue un peu faible et d'un final grand-guignolesque (pour l'heure, car ce procédé était souvent utilisé par le passé) avec une résolution de l'enquête un peu tirée par les cheveux.