81T96BOmZVLJean Amila est à nouveau à l'honneur de la « série noire » de Gallimard avec « À qui ai-je l'honneur ? »

À qui ai-je l'honneur : Après avoir passé cinq ans en prison pour meurtre et blessures de voyous, Georges Guillot, dit Géo, travaille depuis sept ans dans un garage de Bercy. Il a épousé Yvette, la fille de son patron. Francis vient le voir pour lui demander des renseignements sur un ancien hold-up perpétré par Daubrac, un de ses anciens compagnons de cellule. Se sentant menacé, il dérouille Francis et le laisse pour mort. Il avoue alors son passé à sa femme et à son patron qui lui demandent de partir. Il revient peu de temps après et retrouve son patron battu par un homme portant la rosette de la Légion d'honneur. Yvette a été enlevée par Francis et est séquestrée au bord de la mer, en Normandie.  Géo demande de l’aide à un ami qui le dirige vers l’inspecteur Lentraille… (Wikipédia).

Comme beaucoup d'auteurs, Jean Amila à ses obsessions. Dans ce roman, on retrouve ses principales, notamment, celles des institutions et, plus précisément, de l'autorité, des militaires, des barbouzes...

Géo est un brave gars un peu trop impulsif et trop costaud. Quand on le cherche, on le trouve, ce qui lui a valu de la prison pour avoir trop fortement corrigé des malfrats. Mais Géo ne désire qu'une chose, avoir une vie calme, loin des problèmes, raison pour laquelle il s'enterre dans un garage. Là, il y trouve un boulot, un patron qui l'apprécie et une femme qui l'aime, la fille du patron.

Tout se passe calmement jusqu'à ce qu'un jeune loubard vienne dans le garage pour interroger Géo à propos d'un ancien compagnon de cellule et du butin disparu d'un braquage. Mais si Géo ne peut rien dire, car il ne sait rien, ses poings, eux, parlent avec violence et Géo laisse le gars pour mort. Aussitôt revenu au garage, il expose son passé à sa femme et son patron, mais ce dernier l'envoie bouler et lui demande de partir ce que Géo fait à contrecœur. Quand il revient dans l'espoir de tout arranger, il trouve son beau-père à moitié mort, torturé par un homme à la Légion d'honneur et apprend que sa femme a été enlevée.

Jean Amila nous livre avec sa verve habituelle sa vision de l'autorité sous toutes ses formes, police, armée, barbouze...

amilaL'auteur nous livre également un personnage intéressant au travers de ce Géo, un brave gars à condition qu'on ne l'emmerde pas et, malheureusement, les gens ont la fâcheuse tendance à lui chercher des noises. Pour autant, Géo a un cœur plus gros que le cerveau et tout aussi fort que ses poings.

Il décide donc, malgré l'opposition musclée, armée et nombreuse, de se jeter dans la bagarre, voire, dans la gueule du loup.

« À qui ai-je l'honneur ? » est un petit roman qui se lit avec un grand plaisir et quasiment d'une traite. La plume de Jean Amila est toujours aussi délectable et son personnage principal très attachant. Un bon cru en somme.