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J'avais beaucoup aimé le premier roman de Aurélien Molas, « La Onzième Plaie », mais j'ai longtemps été réticent à lire son second roman, « Les Fantômes du Delta » à cause d'un sujet et d'un résumé qui ne semblait pas correspondre à mes attentes en matière de lecture (je rappelle que je ne lis que du roman policier).

Les fantômes du delta : Nigéria, 2004-2010 : un pays dévasté par les compagnies pétrolières, la corruption des élites et la violence de la guérilla. Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, médecins de MSF, tentent de lutter contre la malnutrition et d'aider les réfugiés. Mais ils se retrouvent pris dans la tourmente d'intérêts géopolitiques et de guerres intestines qui les dépassent. L'enjeu : une petite fille dont l'ADN peut changer le monde. Chacun veut mettre la main sur cette fillette-talisman. Comment la protéger et comment ne pas sombrer avec elle dans le chaos de ce pays sanglant ? Un thriller original dont les thèmes rejoignent ceux de nombreux essais politiques et économiques actuels, notamment quand Molas évoque la Françafrique, la corruption des élites africaines, les catastrophes écologiques déclenchées par des multinationales sans scrupule...

Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai abandonné la lecture en cours de route. Non pas que ce roman était mal écrit, que l'histoire ne tenait pas la route ou que les personnages n'avaient pas de profondeur, non, juste parce que ce récit ne correspondait pas à mon style de lecture.

Aurélien Molas a changé de genre, tout en conservant certains codes du thriller, il se lance dans un roman noir, géopolitique, engagé et foisonnant.

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Premier problème, l'histoire met un certain temps à se mettre en place (normal pour un roman de cette épaisseur) et donc a du mal à happer un lecteur tel que moi. Le nombre de personnages est aussi un problème, toujours pour moi, car, trop nombreux, à chaque reprise de lecture, j'avais du mal à me rappeler qui était qui et qui faisait quoi. L'histoire dans l'histoire est aussi un peu longue à se mettre en place et donc, du coup, si le roman peut capter l'attention du lecteur qui aime ne pas savoir où l'auteur veut aller, il perd le lecteur qui a besoin d'avoir une ligne directrice.

Enfin, l'histoire se déroule sur plusieurs années et j'ai été trimbalé sur une décennie sans jamais savoir là où l'auteur voulait aller. Un sujet mystérieux, une petite fille étrange, des médecins sans frontières, des rebelles, des autorités, des services secrets, de la critique sociale, de la pollution, de l'écologie... Comme je le disais, le roman foisonne de sujets et de personnages, mais il me manquait la trame policière et la carotte devant le nez pour me donner envie de prolonger ma lecture.

Par le passé, j'aurais continué la lecture, notamment parce que, malgré mes critiques, le roman est bien écrit, l'auteur fait preuve d'ambition, il semble bien renseigné et connaitre son sujet, mais, maintenant que je lis plusieurs livres par mois (pour le plaisir, plus encore d'autres pour le travail), j'ai décidé de ne pas perdre de temps dans la lecture d'un roman qui ne me plait pas pour le dédier à d'autres romans plus susceptibles de me plaire. Bien sûr, je laisse toujours une chance à un livre et n'abandonne jamais à moins d'un tiers du livre (si celui-ci fait preuve de qualités littéraires, car, s'il est écrit avec les pieds, que les personnages sont clichés et que l'histoire ne tient pas debout, je n'ai aucun scrupule à le refermer au bout de quelques dizaines de pages).

Pour le coup, cet arrêt de lecture n'est pas la preuve que le roman est mauvais, juste qu'il ne correspond pas à ce que j'aime lire, ce qui est d'autant plus dommage que j'avais beaucoup aimé le premier roman de cet auteur. À la prochaine histoire, peut-être.