ATOM[KA]Franck Thilliez prend à nouveau les mêmes et recommence une nouvelle fois.

Franck Thilliez n'échappe pas à la malédiction de l'auteur à succès qui consiste à reprendre point par point les éléments qui ont fait sa gloire et qui ont fait de ses livres des records de ventes.

Pourtant, contrairement à certains auteurs de talents - Jean-Christophe Grangé, par exemple - la malédiction est suffisamment contrôlée pour que le résultat final demeure de haute voltige.

Cependant, si j'avais un conseil à donner aux lecteurs, je leur dirais d'éviter de lire, comme je le fais moi-même, toutes les œuvres de Thilliez concernant le fameux duo de flics : Lucie Hennebelle / Franck Sharko.

Effectivement, plus on enchaîne ces romans et plus le cahier des charges devient évident (deux flics torturés, des enquêtes sans rapports qui se rejoignent, des voyages à l'étranger pour trouver des réponses, des drames, des enfants...)

ATOM[KA] : Lucie Henebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, Quai des Orfèvres, tentent de se remettre d'un drame qui a failli les séparer. Ils essaient de faire un enfant, en vain. Et à quelques jours de Noël, ce qui les attend est loin d’être l’annonce d’un heureux événement. À l’heure où tout le monde rentre se réchauffer, le froid, la mort et les souvenirs maudits guettent. Une affaire d'envergure démarre alors. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue et amie a disparu, alors qu'elle enquêtait sur un gros dossier dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier, détenue par un enfant errant, très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis par des coups de fil mystérieux à la police.Tandis que l'enquête s'accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui, et semblant particulièrement lui en vouloir. Un duel secret et cruel s'engage alors, détruisant le flic à petit feu.

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Mêmes ingrédients pour un même plaisir de lecture. Franck Thilliez continue sa vulgarisation de sujets techniques, et l'approfondissement de la relation entre ses deux flics préférés.

Après s'être intéressé à la mémoire, au conditionnement du cerveau, à la violence à travers les gênes, l'auteur se concentre sur la cryogénisation et, surtout, sur les ravages du nucléaire, notamment à travers la catastrophe de Tchernobyl.

Nos deux flics roucoulent comme des tourtereaux, ils travaillent ensemble au 36 et tentent de faire un enfant pour combler les vides de chacun.

C'est dans ce contexte de reconstruction de deux vies, d'un couple, qu'une enquête étrange s'offre à eux : un journaliste est retrouvé mort dans son congélateur.

Celui-ci semblait enquêter sur une série d'incidents et de crimes concernant de jeunes femmes laissées pour mortes dans des lacs gelés.

Cette enquête va les mener sur les traces du nucléaire et les forcer à voyager jusqu'à Tchernobyl.

En parallèle, Sharko est victime d'un psychopathe qui cherche à lui faire revivre ses malheurs passés en singeant les faits et gestes des tueurs qu'il a jadis combattus.

Tout comme les deux précédents romans avec ces deux personnages, voire les trois précédents, celui-ci souffre des mêmes qualités (nombreuses) et des mêmes défauts (légers, à moins d'être pointilleux).

Franck Thilliez se concentre donc sur les ravages du nucléaire, ses effets à court terme sur la population locale de Tchernobyl et ceux à long terme sur la planète. Comme à chaque fois, l'auteur s'est grandement renseigné et a tenté d'offrir un roman à la fois plus pointu que la moyenne et très ludique.

L'histoire en elle-même est très prenante, comme à l'accoutumée chez l'auteur, et donne envie au lecteur de tourner les pages pour découvrir la suite. Il faut avouer qu'à défaut d'une écriture géniale ou d'une narration originale, Franck Thilliez sait être efficace et maîtrise suffisamment sa plume et ses personnages pour être certain de ne pas se louper... et... il ne se loupe pas.

On se prend à trembler pour les personnages, à avoir des sueurs froides à cause du nucléaire et à s'émouvoir pour ces pauvres enfants victimes d'expériences.

Si l'on a lu les précédentes productions de l'auteur, ce roman devient alors « classique » à défaut de surprendre, mais il est empreint d'un classicisme de qualité et de haute voltige qui suffisent à en faire un très bon roman policier.