9782070441150FSDOA, un pseudonyme énigmatique pour un auteur tout aussi énigmatique.

DOA est l'acronyme de Dean On Arrival, qui, selon les sources, aurait été inspiré, soit par un terme sous lequel, aux É.-U., on nomme un patient mort à l'arrivée à l'hôpital (cela signifie Mort À l'Arrivée) ou d'un film américain de 1950, inspiré d'un film allemand des années 30 et dont je ne connais que le remake avec Dennis Quaid dans le rôle principal.

« Le serpent aux mille coupures » s'intéresse à un personnage, « Lynx » qui est déjà au centre d'un livre précédent, « Citoyens Clandestins », un tueur impitoyable qui fut jadis au service de l'état sans avoir la fibre patriotique.

Avec une quatrième de couverture et un résumé qui ne donne pas vraiment envie, « Le serpent aux mille coupures » est pourtant un excellent roman à côté duquel il serait dommage de passer.

L'action se déroule à Moissac, un village proche de Toulouse. Les vignes sont la richesse de la région et cette richesse, certains agriculteurs locaux n'ont pas envie de la partager avec un grand noir qui a hérité des terrains de son beau-père.

C'est en cherchant à nuire à celui qu'il appelle « Le nègre » qu'un agriculteur, la nuit, dans les vignobles, est le témoin d'une scène d'une violence rare : un homme abat froidement trois types dans une voiture stationnée dans un chemin.

doaLe tueur n'est autre que Lynx, qui cherche à fuir la police, les victimes sont des Colombiens, dont le fils d'un important trafiquant de drogues, qui sont là pour un rendez-vous avec des trafiquants locaux pour établir une filière dans le pays.

Pas de chance pour eux, Lynx, blessé et en fuite, se trouve par hasard sur leur chemin et n'a d'autre alternative que de se débarrasser de ces intrus armés.

Malgré ses blessures, il tue les trois hommes et s'enfuit sur sa moto, mais pas loin. Trop faible, il se réfugie dans une ferme... celle du « noir ».

Entre la police à sa recherche, les hommes du narcotrafiquant colombien qui cherchent l'assassin du fils, les viticulteurs qui en veulent au « noir »... les choses finiront immanquablement dans un bain de sang.

« Le serpent aux mille coupures » est le nom de la torture adoptée par le tueur engagé par les trafiquants pour faire parler ses victimes et, surtout, pour marquer l'esprit des adversaires.

Porté par un style sec, sans fioritures, sans emphase, très cinématographique, DOA parvient, le long de ce court roman, à retenir l'attention du lecteur et à lui donner envie de poursuivre sa lecture jusqu'au bout.

Avec un personnage central ambigu, qui le serait peut-être moins pour moi si j'avais lu le précédent ouvrage de l'auteur, « Citoyens Clandestins », DOA évite le manichéisme et délivre une palette large de mentalités entre Lynx, le tueur des trafiquants, le flic, le noir, les agriculteurs...

Au final, un excellent roman, noir à souhait, violent, mais jamais gratuitement, avec un personnage principal complexe et indéfinissable, une écriture sèche, directe pour une histoire qui l'est tout autant.