CouvOATLDFlorent Manuel est un des nombreux alias de l'auteur chilien de langue française, Henry Musnik, né à Punta Arenas en 1895 et mort à Paris en 1957.

D'abord journaliste sportif, il se tourne, au début des années 30, vers l'écriture de romans d'aventures, de science-fiction et policiers.

Il a la particularité (pas si particulière, d'ailleurs), d'être édité au sein de la collection « Mon roman policier » dont est tiré le titre qui nous intéresse aujourd'hui, sous différents pseudonymes : Claude Ascain, Jean Daye, Pierre Dennys, Pierre Olasso et Florent Manuel. Il écrira aussi pour la collection « Mon roman d'aventures » du même éditeur, Ferenczi.

On a tué le docteur : le grand détective Yves Michelot est appelé par son ami l'inspecteur Rodier sur les lieux d'un meurtre. Le corps sans vie du docteur Dhorme, une gloire de la science, a été retrouvé dans son bureau une balle dans le cœur. Son dernier rendez-vous, d'après son agenda, devait avoir lieu avec le Baron Carrier, un paralytique. Au moment où Michelot appelle le Baron pour le prévenir de sa visite, il entend un coup de feu dans le téléphone. Michelot se rend alors en urgence au château du Baron pour apprendre que ce dernier a disparu, ainsi que son majordome et ses médicaments...

Réussir à captiver sur un format court comme celui-ci n'est pas donné à tout le monde. Il n'est pas aisé d'éviter au lecteur de se rendre compte de la concision du texte grâce à un style adapté.

Ici, malgré le métier de l'auteur, il est à noter que le style de ce roman n'est pas des plus fluides. Je dirais même qu'il est saccadé, un peu comme si on avait retiré des bouts de textes afin d'en réduire la taille finale.

Le plaisir de lecture est ainsi également réduit.

Hormis le style, l'intrigue elle-même est assez lourde. Même si tout est à remettre dans le contexte de la date de publication (début des années 50), l'histoire, elle, serait plus dans le style des Fantomas et consorts avec ces personnages grimés qui arrivent à se faire passer pour n'importe qui sans qu'il y ait de soupçons de la part des proches. Bien sûr, ce goût pour les déguisements, on le retrouvait déjà chez Sherlock Holmes, mais uniquement pour passer inaperçu, pas pour prendre la peau d'un autre, et on la retrouvera plus tard dans la série « Mission Impossible » à la fin des années 60, mais, l'acte n'en demeure pas moins factice et difficile à faire passer, notamment ici.

Au final, malgré le fait que ce texte soit écrit par un grand nom de la littérature populaire de l'époque, le roman, lui, n'est pas réellement captivant ni par son style ni par son intrigue et le personnage de Yves Michelot, que l'auteur reprendra à de multiples reprises, n'est pas vraiment intéressant, mais espérons qu'il le deviendra au fur et à mesure.