CouvLADPTLéon Frachet fait partie de la liste des auteurs énigmatiques ayant œuvré dans les collections Ferenczi.

D'après quelques spécialistes passionnés de littérature populaire, Léon Frachet serait un pseudonyme de Joseph Treffort, alias Claude Farnet, né vers 1900 et mort à un moment donné à n'en pas douter.

Il est l'auteur de nombreux romans, dont certains policiers. Parmi ces derniers, il développa un personnage, Désiré Leboeuf, alias « le père Leboeuf », un inspecteur de police à la retraite passionné par ses rosiers et par la pêche à la ligne. L'homme est si efficace que, même à la retraite, il est souvent mis à contribution par ses anciens confrères quand des enquêtes ont du mal à progresser.

L'affaire des petits papiers : Un mystérieux assassin sévit dans la ville de Paris où il étrangle avec un fil de laiton ses victimes. 5 crimes en moins d'un mois et aucun indice, aucune piste, si ce n'est un papier épinglé sur chaque corps avec un message inscrit dessus : 3 + 6 = 0. L'inspecteur Durieux est chargé par son supérieur de faire appel au père Leboeuf dans l'espoir qu'il puisse apporter un œil neuf sur le dossier...

Voilà un roman qui est un cas d'école. Cas d'école, car il démontre, dans sa concision, comme peuvent le faire certains longs romans, que dans le polar, même avec une intrigue légère, un bon personnage peut emporter l'adhésion du lecteur.

Dans la collection « mon roman policier » des éditions Ferenczi, on se doute que, sur 32 pages, l'intrigue ne pourra jamais rivaliser avec celles des « thrillers » de 600 pages. Pour autant, cela n'empêche pas, en quelques lignes, de développer un personnage fort, qui retiendra l'attention du lecteur.

Et c'est le cas de ce « père Leboeuf », un ancien policier à la retraite qui, par goût du challenge, accepte de donner parfois un coup de main à ses anciens collègues. Pour autant, il est tout aussi prompt à rentrer chez lui pour s'occuper de ses rosiers. Homme pragmatique, avec un certain détachement pouvant passer pour du laxisme ou de l'indifférence.

Dans le cas de « l'affaire des petits papiers », le père Leboeuf apporte son soutien à la police, mais à sa façon, par la réflexion plus que par l'action et, surtout, par l'attente, ce qui peut sembler étrange pour un policier.

Ce roman propose donc une intrigue assez simple, déjà utilisée, mais, rappelons que le roman date du début des années 50, mais parfaitement menée par son auteur et résolue par un personnage principal attachant et intéressant.

Au final, un bon petit roman qui nous présente un personnage original que l'on aura envie de retrouver dans de nouvelles aventures.