lemanchot01aAprès avoir survolé un pan de la littérature fasciculaire des années 50 d'auteurs français (notamment à travers les éditions Ferenczi), voyageons un peu dans le temps et à travers l'océan pour nous intéresser à l'un des rares auteurs de littérature fasciculaire policière québécoise : Pierre Saurel.

Pierre Saurel, de son vrai nom Pierre Daignault, est né à Montréal en 1925. Il est l'auteur d'un très grand nombre de titres policiers et espionnage, notamment pour faire vivre ses personnages de l'Agent IXE-13 ou son détective Albert Brien qui vécurent plusieurs centaines d'aventures à eux deux à partir de 1947.

Au tout début des années 80, fort de son expérience, Pierre Saurel se lance dans l'écriture d'une série de courts romans (nous ne sommes plus là réellement dans la littérature fasciculaire) autour de Robert Dumont, un flic manchot qui décide de prendre sa retraite à la suite de l'accident qui le rendit infirme et décide de se lancer dans une carrière de détective.

Le premier titre de cette série est : « La Mort frappe deux fois ».

La Mort frappe deux fois : Suite à un accident, Robert Dumont, un policier, perd son bras gauche. Son infirmité lui vaut d'être affecté à des tâches subalternes et lui vaut les quolibets de son supérieur. Lassé de la situation, Robert Dumont décide de prendre sa retraite et de se lancer dans une carrière de détective. Il embauche comme adjoint le fils d'un ami policier, le jeune Michel Beaulac qui est suspendu après une intervention qui a mal tourné et au cours de laquelle il a tué un suspect. La première affaire qui lui est confiée est celle d'un vol de bijoux à l'intérieur de la Maison de joaillier Sorino dont le patron, monsieur Sorino, est décédé accidentellement, selon le rapport de son ancien chef de police. Robert Dumont accepte l'offre du nouveau dirigeant de la joaillerie avec, pour but, de résoudre le meurtre de Sorino plutôt que le vol de bijoux.

pierresaurelPierre Saurel est un auteur prolifique, sûrement trop, qui semble avoir bien souvent sacrifié la qualité de sa plume au détriment d'une production massive.

C'est en tout cas l'effet que fait la lecture de cette première aventure durant laquelle on ne peut s'empêcher de souligner la pauvreté du style et les tournures de phrases quelconques.

Cependant, un je-ne-sais-quoi pousse le lecteur à aller au bout de ce court roman tout en se disant qu'il y a matière à faire quelque chose d'intéressant et en espérant que l'originalité du personnage prendra le pas sur le style.

Malgré tout, les personnages secondaires manquent d'originalité, notamment celui de Michel Beaulac qui, très vite, devient agaçant à force de s'enfoncer stupidement dans ses travers, au point que l'on se demande pourquoi un homme comme Robert Dumont persiste à le prendre à ses côtés.

L'intrigue, sans atteindre des sommets, reste somme toute honnête.

Si l'ensemble ne soulève pas un enthousiasme démesuré, la toute fin du roman pousse le lecteur a entamer le second épisode pour en savoir plus, malin Pierre Saurel !

Au final, ce n'est pas avec ce premier épisode des aventures de son détective manchot que Pierre Saurel saurait s'élever au niveau de nombre d'auteurs de séries fasciculaires policières, mais, vu l'étendue de sa production, il semble logique de lui accorder une autre chance et, a posteriori, de s'intéresser à ses autres productions, ce que je ne saurais tarder à faire.