Concerto_en_lingots_d_osConcerto en lingots d'os est la troisième aventure de Luc Mandoline alias « L'embaumeur ».

Troisième opus de la série, troisième ambiance, troisième auteur.

Cette fois-ci, c'est Claude Vasseur qui s'y colle.

Concerto en lingots d'osComment oublier le nombre vertigineux de décès durant la canicule de 2003 ? Un surplus de travail pour Luc Mandoline, réquisitionné comme embaumeur dans un abattoir transformé en morgue champêtre. Mais toutes les morts ne sont peut-être pas dues au cagnard. À commencer par celle du légiste qu'il doit assister...  Entre des gendarmes tatillons, des vieillards lubriques, une mafia de l'Est et des secrets qui resurgissent du passé, Claude Vasseur nous emmène dans un polar argotique bourré d'humour noir. Né en 1964, Claude Vasseur a vu le jour à Saint-Pol-sur-Ternoise où il vit toujours. Quarante-huit ans après, il persiste à proclamer qu'il est un fainéant contrarié. Depuis le milieu des années 80, tout en travaillant chez France Telecom, il est correspondant pour La Voix du Nord. Il a appris la rigueur, les rouages de la langue française, les bons mots et les mauvaises gens... et a découvert son Ternois qu'il n'arrive pas à quitter. Luc Mandoline, un personnage sombre, mystérieux et attachant. Ancien légionnaire, aventurier, et enquêteur à ses heures perdues. Luc Mandoline est l'Embaumeur.

Le livre est préfacé par Jean-Luc Bizien qui nous met l'eau à la bouche en comparant la verve de l'auteur à celles de San-Antonio et Michel Audiard.

Et c'est là que la bât blesse, car, si humour il y a, dans ce roman, il est malheureusement très loin de naviguer dans les cieux de ces maîtres.

Au contraire, la plume de Claude Vasseur est lourde, voire lourdingue, pensant que humour et vulgarité peuvent assurer l'intérêt.

Car l'on peut très bien manier la grossièreté avec classe et talent, sans jamais tomber dans la vulgarité et, au contraire, ne jamais parvenir à retirer les pieds de la fange.

Du coup, avec la belle promesse promise par la préface, la déception est grande voire abyssale. Et c'est d'autant plus dommage que l'histoire, elle, pourrait être très intéressante si elle était traitée, comme elle le méritait, avec noirceur.

Effectivement, l'histoire débute rapidement avec Luc Mandoline appelé en renfort suite à l'augmentation de décès dus à la canicule. C'est en s'occupant du corps d'un petit vieux que Luc va mettre la main, le pied et le reste dans une histoire glauque au possible. Le petit vieux n'est pas mort de la canicule mais étouffé. C'est un crime, il en est sûr et prévient les autorités qui mettent en doute sa probité et l'amènent au poste. À son retour à la morgue improvisée, le légiste est retrouvé mort et un colosse, caché dans un coin, déboule en semant les morts sur sa route.

Le corps du petit vieux est découvert en morceaux... qui peut bien être à l'origine d'une telle horreur ? et surtout, pourquoi ?

Voilà ce que Luc va devoir découvrir et, pour cela, il va être épaulé par son ami Sullivan et tous deux vont risquer leurs vies.

Une histoire glauque, donc, qui démarre bien, mais qui est souvent polluée par un humour graveleux qui, certes, ne choque pas dans la bouche d'un ancien légionnaire, mais qui nuit tout de même à la qualité du roman.

Puis, après un bon départ, une fausse piste, le roman s'enlise dans une histoire remontant à la seconde guerre mondiale et l'on sent que l'auteur se force à terminer rapidement son écrit pour demeurer dans la taille « classique » de la série.

Au final, ce troisième opus de la saga est le moins plaisant à lire malgré une histoire qui aurait pu donner lieu à un bon roman mais qui laisse un goût de déception du fait d'un humour vulgaire mais, surtout, très moyen, bien loin de la promesse de la préface.