26389René Pujol, est-il besoin de le présenter ? Malheureusement, oui. Je dis « malheureusement », car le bonhomme aurait mérité que son nom brûle les lèvres des lecteurs à travers les siècles.

Ce n'est apparemment pas le cas, car, même moi, fan absolu d'auteurs français de romans policiers, appréciant également les proses d'antan, il m'a fallu des circonstances toutes particulières pour découvrir cet auteur qui n'était pas qu'écrivain, mais également scénariste et réalisateur. Il a d'ailleurs fait débuter, comme je l'avais précisé dans la critique du premier roman que j'avais lu de René Pujol, Jean Gabin en personne et ce n'est quand même pas rien.

Bref, après avoir lu et apprécié le roman « Le détective bizarre » de l'auteur, je me suis jeté sur un second, « La résurrection de M. Corme » et ce ne sera pas le dernier roman de lui que je lirais.

La résurrection de Monsieur Corme : Qu'est-ce qui ressemble le plus à un Monsieur Corme qu'un autre Monsieur Corme ? Rien, bien évidemment, c'est la raison pour laquelle le riche Charles Corme, propose à son pauvre cousin Jacques, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau jumelles, de prendre sa place dans sa luxueuse demeure à la campagne pendant quelques mois. Bien évidemment, même si Charles ne veut donner les raisons qui le poussent à cette extrémité, Jacques est persuadé qu'il va courir un danger en changeant d'identité, mais, habitué à vivre dans la misère, la perspective d'avoir une vie de Pacha pendant un temps, même si le prix a en payer est celui de sa vie, il va très vite accepter et aussi vite se rendre compte que ses craintes étaient fondées...

René Pujol manie sa plume avec légèreté et humour et sait nous proposer des personnages intéressants et touchants, et ce, même en utilisant un artifice, qui ici n'en est pas un, qui sera par la suite usé jusqu'à la corde par les écrivains et les scénaristes de tous poils : le « jumeau ».

Car ici, point de surprise, les deux principaux personnages se ressemblent comme des jumeaux et c'est même là le point de départ du livre.

Mais, Jacques et Charles ne se ressemblent que physiquement. Leurs caractères sont diamétralement opposés et, si l'un a tout à gagner à laisser sa place, l'autre n'a plus rien à perdre si ce n'est sa vie, mais sa vie est tellement miséreuse que le prix ne sera pas trop élevé.

En prenant la place de Charles, Jacques se retrouve affublé d'un drôle de majordome qui, en plus d'être mystérieux et parfois inquiétant, est sourd et muet.

À peine Jacques est-il entré dans la peau de Charles qu'on cherche à la lui trouer. Décidément, son instinct avait raison, le danger est bien présent. Mais entre le fait de n'avoir plus rien à perdre et la curiosité qui le pousse à connaître le fin mot de l'histoire : qui veut tuer son cousin et, surtout, pourquoi ?

Toutes les qualités présentes dans « Le détective bizarre » se retrouvent ici aussi malgré les quelques années qui séparent les deux ouvrages et le fait, qu'entre les deux, René Pujol s'est lancé dans le cinéma à corps perdu.

René Pujol sait conduire son histoire, faire avancer ses personnages, en maintenant le plaisir de lecture jusqu'au bout.

Au final, une bonne lecture, qui fait suite à une autre bonne lecture et qui donne très envie de se plonger dans la bibliographie de l'auteur, ce que je fais également en tant qu'éditeur en préparant des rééditions de textes plus courts de René Pujol pour une future nouvelle collection.