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Il est parfois des livres sur lesquels on se jette, car l'on en a entendu que du bien, ou bien que l'on connaît et apprécie l'auteur, ou bien parce que le résumé vous donne envie, ou parce que la couverture vous hypnotise... Puis il y a des livres que vous vous décidez à lire sans une raison précise.

C'est un peu le cas de « La tour de Sélénite » de Arnaud Codeville. Je n'avais jamais entendu parler de l'auteur, donc jamais lu un livre de lui, n'avais pas entendu parler de ses deux livres, « La tour de Sélénite » et « 1974 », et le résumé ne me disait pas grand-chose. Seuls la couverture, assez belle, et le fait que le personnage principal était un écrivain en perdition, m'ont poussé à découvrir ce roman. Pourtant, ce second argument est bien souvent celui que j'avance pour ne pas lire ou voir un film dont le personnage principal est un écrivain en perdition. Mais, là...

Bref, je me suis donc laissé tenter et, si je m'étais plus renseigné sur l'histoire, une chose est sûre, c'est que je me serais retenu. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne lis que des romans policiers et que celui-ci n'en est pas un.

Malgré tout, je l'ai lu en entier. Les raisons en sont simples, un roman assez court, et une première moitié qui laisse penser à une intrigue policière. Quand le genre se révèle enfin, du fantastique mâtiné d'horreur, il est trop tard, on est pris dans l'histoire et l'on a envie d'en découvrir le dénouement, en espérant, pour ma part, et naïvement, que l'aspect « fantastique » trouvera des origines « rationnelles », ce qui n'a pas été le cas.

La tour de Sélénite : Adel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille, mais, peu à peu, il ne peut s'empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur et de la folie où il y laissera une partie de son âme… 

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Arnaud Codeville est un jeune auteur de 36 ans qui a autoédité ce premier roman qu'est « La tour de Sélénite ».

Écrit à la première personne, le roman nous conte les mésaventures d'Adel Blanchard, un écrivain déchu qui, suite à des soucis d'argent, est obligé de renouer avec son premier métier, professeur de Lettres. À Lille, à l'Université, il fait la connaissance de trois professeurs, un anglais, une jeune femme et un vieil alcoolique avec lesquels il va former une bande d'amis. La jeune femme et l'alcoolique vont monter un dossier auprès du recteur afin que l'Université achète un vieux phare, sur la côte, pour le réhabiliter avec des étudiants. Mais, Adel ne peut participer à cette escapade, car, pour la première fois depuis sa séparation avec sa femme, il peut partager ses vacances avec ses enfants.

À son retour de vacances, pressé de retrouver la jeune femme pour laquelle il éprouve des sentiments, il apprend que celle-ci et son compagnon n'ont pas donné de nouvelles depuis leur départ. Pire, la gendarmerie qui s'est chargée de l'affaire n'a trouvé aucune trace de ceux-ci.

Adel décide alors de partir à la recherche de la femme qu'il aime et il sera épaulé par l'anglais et un prof de sport détestable.

C'est donc réellement une intrigue policière qui semble se mettre en place alors et le lecteur suit sans déplaisir cette « enquête ».

Puis, au beau milieu de l'histoire, l'ambiance se glace et l'auteur se lâche de plus en plus. Des bruits dans un lieu isolé, des courants d'air froids, des lieux inhospitaliers, des apparitions... puis les évènements s'enchaînent et se déchaînent. On est alors happé par l'atmosphère horrifique et l'on a envie d'en savoir plus, de savoir ce qui est arrivé à la première équipée...

Je n'en dirais pas plus pour ne pas déflorer l'histoire, mais il faut savoir qu'il est décommandé, à partir de la moitié de l'ouvrage, de le lire la nuit, au risque de faire des cauchemars si l'on est un peu sensible.

Seul petit bémol, la fin pas très crédible, si tant est que l'on puisse parler de « crédible » pour le reste de l'histoire.

Au final, une lecture pas si désagréable que cela pour un genre et un style auquel je ne me serais pas confronté volontairement.