coverIl est de ces livres et de ces auteurs dont l'on n'attend rien et qui, ne pouvant nous décevoir, réussissent, parfois, à nous enthousiasmer.

C'est le cas de Jean-Pierre Ribat avec son roman « Pas d'obstacle ? ».

Il a suffi d'un tout petit extrait du roman, repris en 4ème de couverture, de quelques critiques sur le site « Babelio » pour me donner envie de tester ce roman.

Pas d'obstacle ? :

Dernière intervention de la nuit, premier mort du matin. Dans le hangar des établissements Martinez, froidement éclairé par les néons, l'homme pend à plus de deux mètres de hauteur, en chemise de pyjama et chaussures de ville, le sexe et les jambes nues.
_ Pas d'obstacle, docteur ?
_ Non, pas d'obstacle... Il me reste seulement à lui croquer le gros orteil pour être sûr qu'il est bien mort...
Médecin généraliste, Marcel côtoie avec une folle énergie la faune urbaine dans toute sa diversité... Presque sans le vouloir, il va se retrouver au milieu d'une enquête étrange, voire sanglante, qui mêle Harpies grecques et rites vaudous africains.
Dès le départ, une question l'obsède : quel est le lien entre l'albinos pendu et la disparition de son ami Youssef ? 

Il me suffit parfois d'un rien, un petit trait d'humour, un dialogue léché, un personnage original et me voilà parti dans un voyage littéraire des plus plaisants.

N'attendant rien de ce roman, ne pouvant être déçu, comme je l'ai déjà dit, je ne pouvais qu'avoir une bonne surprise et, le moins que je puisse dire c'est que la surprise fût belle... très belle.

Jean-Pierre Ribat nous parle de ce qu'il connaît le mieux : lui !ribat

Effectivement, le personnage est un clone de l'auteur, médecin généraliste, médecin urgentiste à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, médecin chez les pompiers, amateur de rugby, de course à pied...

Du coup, il maîtrise à la perfection l'humour, parfois noir, qui permet aux personnes côtoyant quotidiennement l'horreur et la souffrance de ne pas sombrer dans la dépression en tentant de garder une certaine distance sur les heurts des gens qu'ils sont chargés d'aider ou de secourir.

Ajouté à cet humour, un panel de patients hauts en couleurs qui sont très probablement, pour partie, issu des personnes qu'il a croisées de par son métier.

La seule part fictionnelle, du moins faut-il le souhaiter à l'auteur, réside dans l'enquête policière proposée.

Marcel Fortesse est un homme très occupé. Entre son métier de médecin généraliste, le jour, ses gardes en tant que médecin pour les pompiers et les gardes aux urgences de l'hôpital, la nuit, plus les matchs de rugby, sa vie de famille... il n'a pas le temps de s'ennuyer.

Mais, quand, un matin de garde, il est appelé sur les lieux d'un suicide pour déclarer le décès du mort. Au moment d'annoncer qu'il n'y a aucun obstacle à la déclaration de mort par suicide, un pompier, sur un malentendu, déchausse le corps et découvre une scène d'horreur, les ongles de pieds sont arrachés et il manque un orteil. Plus question de suicide, donc, mais d'un crime sadique.

Intrigué par la découverte, Marcel va se lancer dans l'enquête, tant pour sa propre satisfaction que pour aider un policier, ancien partenaire de rugby qu'il vient de retrouver sur la scène de crime.

Dès lors, les crimes vont s'enchaîner et concerner le médecin de très près.

Que dire du roman si ce n'est que l'intrigue est secondaire même si celle-ci tient bien la route et que le principal intérêt du livre réside dans l'humour omniprésent de son auteur et dans les divers personnages que l'on y croise.

Car humour il y a, mais pas que. Les dialogues sont ciselés, l'enquête, sans rivaliser avec les plus grands thrillers, offre un intérêt non négligeable et le personnage principal est attachant au possible.

Au final, une excellente surprise que ce roman, un auteur et un personnage attachant, beaucoup d'humour et de tendresse jusqu'à l'ultime phrase, certes, prononcée par Marcel Fortesse, mais qui semble plus que jamais se confondre avec Jean-Pierre Ribat :

Et puis ma maman a développé un cancer. Alors j’ai entrepris d’écrire cette histoire pour lui donner l’envie de tenir jusqu’au bout de la chimiothérapie. Elle va mieux maintenant. Mais, comme j’ai peur de la rechute, je commence déjà à songer à raconter une autre aventure qui m’est arrivée depuis...