67156369_pIl est inutile de présenter Sir Arthur Conan Doyle et encore moins son personnage emblématique de Sherlock Holmes. Tout le monde connaît l'un et l'autre, soit pour avoir lu le Canon (l'œuvre originale de Conan Doyle), des pastiches ou, avoir vu des adaptations cinématographiques ou télévisuelles de ces œuvres.

Après avoir dévoré, il y a une trentaine d'années, l'intégralité du Canon, j'ai décidé de replonger dans les origines du personnage.

En novembre 1887, « Une étude en rouge », la première aventure de Sherlock Holmes, paraît en Angleterre. Pour rappel, « Maximilien Heller », le roman de Henry Cauvain dans lequel apparaît le personnage d'un détective grand et fin, intelligent, perspicace, hautain et dédaigneux, misanthrope, qui aime se déguiser, se drogue quand il n'a rien à faire, et qui est accompagné d'un jeune médecin qui est le narrateur de l'histoire, a été publié en France en 1871, soit 16 ans auparavant (si vous ne connaissez pas, lisez-le, vous vous rendrez compte du plagiat).

La seconde aventure du détective anglais, qui a souvent été publiée en livre à la suite de « Une étude en rouge » a été publiée en Angleterre en février 1890 soit deux ans et demi plus tard, ce qui explique les changements ou les erreurs qui s'y produiront (notamment le fait que le docteur Watson, tout d'abord blessé à l'épaule à la guerre, se retrouve, par la suite, souffrir d'une blessure de guerre à la jambe).

Dans cette première aventure, l'auteur nous narre la rencontre entre les deux personnages qui feront son succès. John Watson, célibataire, blessé de guerre, cherche un logement à prix abordable pour se fixer un peu. Il croise un de ses amis et en profite pour lui demander s'il connaît un logement correspondant à ses attentes. Celui-ci lui répond qu'il est la seconde personne à lui poser cette question aujourd'hui, la première étant un être assez étrange qui bat les cadavres pour calculer le laps de temps après la mort durant lequel le corps peut marquer sous les coups.

Malgré cette occupation peu ordinaire, le courant semble bien passer et les deux hommes décident d'emménager au 221 B Baker Street. Une colocation qui va être au centre d'enquêtes haletantes.

Alors que Waston apprend à connaître Sherlock Holmes et à apprécier ses divers dons, dont l'observation et la perspicacité, une étrange enquête va être proposée par des agents de Scotland Yard à Sherlock Holmes : le corps d'un homme est retrouvé mort dans une maison inhabitée. Le cadavre ne présente aucune trace de blessure, mais le sol est recouvert de sang.

Sherlock Holmes va démontrer tout son talent et très vite démêler le fil de l'enquête.

« Une étude en rouge » est la toute première aventure de Sherlock Holmes, comme je l'ai déjà dit et cela se ressent fortement à sa lecture (surtout quand on a déjà lu le Canon) car le personnage principal n'est encore qu'esquissé. Si ses qualités sont mises en avant, les défauts qui lui seront plus tard conférés par son auteur sont ici, guère présents. Les côtés méprisants et égocentriques de Sherlock Holmes sont absents de cette première histoire ainsi que la propension du héros à se droguer en cas d'inactivité intellectuelle.

Si toute la partie rencontre et enquête est des plus plaisantes à lire, cette première histoire est légèrement plombée, comme le sera la suivante, par une trop longue exposition de l'histoire des protagonistes (victimes et assassin). Est-ce dans un souci de renouer avec le genre « Aventure » très prisé à l'époque ? Ou bien tout simplement un artifice pour allonger la nouvelle et ainsi obtenir une taille raisonnable en vue de l'édition ? Je ne sais, mais le résultat n'est pas à la mesure du reste.

Au final, une première rencontre avec Sherlock Holmes et John Watson très prometteuse et, surtout, très agréable même si l'ensemble pêche un peu à cause d'un passage inutile et de moins bonne facture.