9782213632162Je l'ai déjà dit, mais je le répète :

Jean-Bernard Pouy est un génie !

Mais, comme tout génie, il ne produit pas que des œuvres géniales et, d'ailleurs, le génie d'un artiste se trouve rarement dans l'entièreté de son œuvre, mais dans certains détails de celle-ci.

Comme c'est beau, ce que je viens de dire. Notez-le, pour plus tard, pour mon épitaphe :

« Cet excellent auteur est mort dans la pauvreté et dans l'anonymat le plus total, mais certaines de ses phrases étaient empreintes de génie ».

Mais comme je ne suis pas encore mort, passons à la critique du livre en question aujourd'hui :

« Nus » : Décidé à faire passer la contre-société alternative à la vitesse supérieure, le collectif libertaire « ZO » organise son « université d'été » dans un camp naturiste. Parce qu'à poil on ne peut plus rien cacher ! Au programme, donc : plage, surf, amours libres et... prises de bec. La situation risque de virer au problématique quand la bande apprend que Rosa, une gentille retraitée, a été tuée. En aidant leur ami Harrar à régler les détails de la succession, ils découvrent l'histoire extraordinaire de la vieille Espagnole... Il s'agirait de la propre fille du célèbre combattant républicain Durutti ! Ce n'est plus Rosa, c'est une icône qu'on a tuée ! Les voilà plongés jusqu'au cou dans une intrigue policière dont ils se seraient bien passés... Calo, Laurence, Papi, Brett, Sonia et les autres affrontent leurs contradictions libertaires : que faire du coupable quand ils l'auront trouvé ? Peut-on mentir, peut-on trahir pour que justice soit faite ?

Parce que nous sommes tous égaux et libres, nus, un collectif libertaire choisit un camping naturiste comme lieux de son « Université d'été ».

jbpMais, quand les anarchistes débarquent dans le camping, ils tombent immédiatement sur les gendarmes présents suite au meurtre d'une vieille dame.

Parce que l'un des anars est ami avec le patron du camping, le collectif va se retrouver au centre de l'enquête, d'autant plus quand ils apprennent que la défunte n'était autre que la fille de Buenaventura Durutti, l'une des principales figures de l'anarchisme espagnol du début du XXème siècle.

La force de Jean-Bernard Pouy est, généralement, de proposer des personnages originaux et attachants. Multipliant, dans ce roman, les personnages, il lui est difficile d'être aussi perfectionniste dans la multiplicité qu'il ne l'est dans l'unicité. Ainsi, si certains personnages tirent quelque peu leur épingle du jeu, ce n'est pas le cas de l'ensemble de ceux-ci.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir et, même si l'auteur ne nous livre pas là le meilleur de ses ouvrages (mais il faut dire que, plus on lit Pouy et plus on est exigeant avec lui tant la médiocrité ne fait pas partie de son quotidien), « Nus » n'en demeure pas moins un bon petit roman anarcho-policier nous délivrant, en plus, un revirement final.

Certes, les discussions entre anarchistes peuvent être parfois lassantes, l'intrigue n'est pas d'une folle complexité, et l'humour pas aussi présent que dans la plupart des romans de Pouy, mais, au final, on passe un bon moment de lecture et c'est déjà pas si mal que ça.