ptJean-Bernard Pouy est un génie !

Bon, voilà, je pourrais arrêter ma chronique à ce stade, mais je sens que vous attendez une argumentation un peu mieux construite et un peu plus approfondie.

Bien, d'accord ! 

Jean-Bernard Pouy est un génie qui n'écrit pas que des romans géniaux !

Est-ce mieux ?

Non, sérieux, je n'aurais de cesse de clamer au monde entier que Jean-Bernard Pouy est un génie. Mais, ce qu'il y a de bien chez tout génie c'est qu'il ne produit pas que des œuvres géniales, mais que dans chaque œuvre, même la plus mineure, il y a une part de génie.

Entendez par là que je n'adore pas tous les romans de Jean-Bernard Pouy, il en est même que je n'aime pas, mais, malgré tout, je trouve que l'auteur est un génie.

Génie parce qu'il aime la littérature (un minimum pour un auteur), génie parce qu'il adore la littérature populaire, génie parce qu'il n'hésite pas à se lancer dans des écrits courts, génie parce qu'il se concentre particulièrement sur ses personnages, génie parce qu'il aime lancer des idées et les offrir aux autres (cf la saga « Le Poulpe »), génie parce que l'homme est cultivé, et qu'il aime parsemer ses romans de références littéraires, musicales, cinématographiques...

Mais passons maintenant au roman dont il est question :

« Plein Tarif » : Le thermomètre baisse. Pour éviter que des sans-abri, SDF et autres marginaux ne meurent de froid, les pouvoirs publics prennent des décisions d'urgence. La SNCF installe, à la sortie de Paris, des rames de vieux wagons sur des voies désaffectées. Entre cour des miracles et campement gitan, l'occasion est belle pour une nouvelle expérience sociale et politique. 

C'est l'hiver, il fait froid, les clodos meurent, les pouvoirs publics, émus par l'émotion de la population, décident de mettre à disposition des nécessiteux, des vieux wagons. Les lieux sont rapidement investis par les clochards. Mais, quand les beaux jours viennent et qu'il est l'heure de déloger les anciens SDF, ceux-ci refusent de perdre leur confort et, aidés et motivés par une bande de jeunes anarchistes, décident de lutter pour conserver leur toit.

AVT_Jean-Bernard-Pouy_2645Une petite histoire, très courte, contée par le petit-fils d'un des clochards dont le grand-père, anticonformiste dans l'âme, a préféré, des années auparavant, sa liberté que la vie dans la société qui lui était réservée.

Dans le combat, le vieil homme revit, et le regard de son petit-fils sur lui se modifie.

Mais chacun oublie que, dans chaque combat, il y a des pertes...

Jean-Bernard Pouy excelle dans l'art de présenter des personnages originaux et attachants et, si, ici, il ne fait pas montre d'un génie particulier, ce vieux clodo qui retrouve sa jeunesse grâce à la lutte et son petit-fils qui redécouvre son grand-père sont attendrissants.

L'anarchie, la lutte contre le pouvoir et les forces de l'ordre font partie des marottes de Jean-Bernard Pouy et on les retrouve également dans cette histoire.

Au final, je n'en ferai pas des caisses et même si je trouve que l'auteur nous livre là un roman mineur qui se termine brutalement et brusquement, il n'en demeure pas moins empreint du génie de l'écrivain, génie déclamé par la postface du livre, comme quoi, je ne suis pas le seul à penser que :

Jean-Bernard Pouy est un génie.