9782265071841Comme vous le savez si vous avez suivi l'intégralité de mes chroniques littéraires, j'ai débuté ma découverte des San-Antonio par les tout premiers écrits par Frédéric Dard, à l'époque où le Commissaire œuvrait dans l'espionnage, où les jeux de mots ne fusaient pas par milliers, où Bérurier n'était pas encore là, où tu ne te retrouvais pas avec quinze notes de bas de page par chapitre, où l'auteur était moins grivois...

Aujourd'hui la boucle se referme, non pas que j'ai tout lu San-Antonio, mais, à défaut de trouver l'épisode que je cherchais, « Deuil express », sur lequel je reviendrais puisque je l'ai trouvé depuis, j'ai choisi l'épisode en fonction du titre et je suis tombé sur :

Céréales killer : Il s'en passe de drôles dans les plaines de Beauce. La jeunesse du cru a organisé une rave-party au milieu des champs. Mélanie Godemiche, la prêtresse de cette fiesta a été retrouvée atrocement mutilée et qui plus est un peu morte. Si je te dis que mon fils Antoine, San-Antonio Junior, a paumé sa casquette sur le lieu du crime, tu comprends mon souci ?

Si tu ne maîtrises par le canon San-Antonien, je me dois de te préciser pourquoi je parlais de « Boucler la boucle ». Effectivement, si j'ai lu les premiers épisodes dans l'ordre, « Céréales killer » est le dernier titre écrit par Dard... enfin... écrit par Frédéric Dard, puisque Patrice, son fils, a pris la suite... enfin... pas vraiment non plus puisque cet épisode est en fait le passage de flambeau entre les deux auteurs, entre le père et le fils, puisque, si c'est bien Frédéric qui a entamé l'écriture de cet opus, c'est Patrice qui l'a terminé, même, paraît-il, quasiment écrit intégralement après le décès de son père .

Raaaaa ! qu'il est loin le temps où San-Antonio faisait de l'espionnage. Je râle, car je n'ai pas souvenance, dans mes précédentes lectures, que le cul y était aussi omniprésent et aussi vulgairement présent. Non pas que je sois prude, mais, si j'aime énormément les auteurs qui jouent avec les mots, ce qui n'est pas forcément une tâche aisée, jouer avec la concupiscence est, à mon sens, une facilité à laquelle Frédéric Dard pouvait échapper.

frederic-dard-en-aout-1990-1463954583 (1)M'enfin, reste les jeux de mots, ici très présents également, trop... l'excès de jeux de mots tuant le jeu de mots, le tueur en série du livre se voit concurrencer par l'auteur lui-même.

On retrouve également les notes de bas de page et, là aussi, l'excès de note de bas de page tue la note de bas de page.

En clair, l'auteur, les auteurs, font dans l'excès dans cet ouvrage . Excès dont j'ai déjà parlé, mais également excès dans l'histoire et la propension du fils de San-Antonio, Antoine, à se foutre dans la merde et à se faire passer pour le tueur en série.

Cependant, quelques phrases, surtout au début, valent le détour et le style est toujours là bien que la vulgarité prenne trop souvent le pas sur le style.

Au final, pas un grand moment de lecture que ce dernier titre signé Frédéric Dard, mais pas non plus une plaie. Quelques phrases qui font tilt, d'autres qui font plouf, une histoire pas trop simpliste, mais plombée par une propension du fils du commissaire à tout faire pour attirer les suspicions sur lui. 

En conclusion, il me faudra revenir sur les derniers épisodes de la main de Frédéric Dard, pour me faire une idée du style final de l'auteur, mais pour l'instant, je vais me replonger dans les origines avec « Deuil express » que j'ai fini par dégoter.