938980456San-Antonio est indissociable de Frédéric Dard (même si son fils a repris le flambeau à la mort de son père) et inversement.

Pour autant, il faut avouer que, sur plus de cinquante ans de carrière, le commissaire San-Antonio a bien évolué. Pas tant dans le caractère qui est demeuré peu ou prou le même, mais dans le style. Si la gouaille, l'argot et l'humour ont toujours été présents dans les aventures de ce drôle de Commissaire, la dose de ceux-ci a fortement évolué avec le temps.

Dans « Des dragées sans baptême », 6ème épisode de la série, le lecteur se retrouve dans l'ambiance des épisodes précédents, un milieu plus « espionnage » que « policier » dans lequel le commissaire San-Antonio œuvre plus avec ses muscles et son charme qu'avec son intellect.

Par rapport aux précédents opus, on sent que l'auteur maîtrise mieux son style (qui évoluera encore avec le temps) même s'il est évident qu'il ne lâche pas encore les chevaux et travaille quelque peu en retenue (ce qui sera bien moins le cas par la suite).

Des dragées sans baptême : « Le grand patron est agité. Il est adossé au radiateur, ou plutôt, comme il mesure deux mètres, il est assis dessus. Il passe sans arrêt sa main fine sur son crâne en peau de fesse véritable. Ses yeux bleuâtres me considèrent avec intérêt. Je sens qu'à moins d'accepter de passer pour une truffe, le moment est venu de me manifester. Je me racle le gosier. - Wolf... je balbutie. Wolf... Ben, c'est un bon petit gars, non ? - Non, San-Antonio : Wolf n'est pas un bon petit gars, et vous le savez aussi bien que moi... »

Le commissaire San-Antonio doit se salir les mains en se débarrassant d'un collègue qui s'avère être un traître à la patrie. Du coup, San-Antonio s'exécute en exécutant Wolf sans que cela ressemble à une exécution. Mais, au moment de mourir, Wolf lâche une confession qui va tout changer, du moins, lancer le commissaire sur un terrible attentat.

Du roman d'espionnage mâtiné d'humour et de jeux de mots, voilà ce que nous propose Frédéric Dard dans ce sixième épisode des aventures de son célèbre personnage.

Un petit roman « classique », si ce n'est la narration et l'humour, mais qui reste dans la lignée de ce qui se faisait à l'époque. Une histoire qui tient la route et loin d'être simpliste, il est bien nécessaire de le notifier pour les détracteurs de Frédéric Dard.

Au final, un bon moment de lecture, et ce ne sera pas le seul dans l'œuvre de Dard.