arton676

Quand je sors d’une lecture décevante, pour me requinquer, ces derniers temps, je me plonge dans une valeur sûre : « San-Antonio ».

Enfin, devrais-je dire : les débuts de San-Antonio. Oui, allez savoir pourquoi, contrairement à la plupart des aficionados de Frédéric Dard, je préfère les débuts de San-Antonio à sa « grande période » plébiscitée par la presse et les lecteurs.

Du coup, puisque ma précédente lecture n’était pas un moment de plaisir littéraire, je me plongeais à nouveau dans l’univers Sanantonien.

Pour ce faire, je dévorais la 16ème aventure du commissaire.

Messieurs les hommes : Savez-vous que la pègre vient de s’enrichir d’une nouvelle recrue ? Et pas une demi-portion, croyez-moi ! Du vrai casseur... Du qui file la rouste aux caïds de Pigalle... Du qui se permet de descendre un flic en plein commissariat. Son nom ? Pour Messieurs les hommes, il s’appelle Bernard Tonacci... Ça ne vous dit rien ? Alors, je vais vous en balancer davantage : à la P.J., ce zigoto est plus connu sous le nom de commissaire San Antonio. Pas de panique... Rassurez-vous, je n’ai pas changé de bord... Mais il faut admettre que tout pourrait le laisser croire au début de ce chef-d’œuvre.

Et on retrouve avec un grand plaisir notre commissaire San-Antonio qui, pour mener à bien une enquête sur l’enlèvement de spécialistes en nucléaire, décide de se rapprocher du « pourri », un truand souffrant d’eczéma. Pour ce faire, il se fait passer pour un caïd débarqué à la capitale et s’en va se foutre sur la gueule avec le pourri dans un troquet afin de se faire alpaguer avec celui-ci par la Rousse. Le plan, une évasion sanglante pour faire croire que c’est un dur à cuire et se faire ami-ami avec l’affreux afin de s’approcher d’un gang de kidnappeurs de scientifiques.

San-Antonio va même participer à l’enlèvement de l’un d’eux et, très vite, les choses tourneront vinaigre, mais c’est toujours le cas avec le commissaire.

Dans ce titre, San-Antonio joue les méchants et se retrouve mêlé à l’histoire qui va très vite partir en sucette. Pour le coup, difficile, pour le commissaire, de faire son boulot et de rester crédible. Pourtant, il s’y attachera du mieux possible, mais cela suffira-t-il ? 

Le lecteur n’assistera pas à la meilleure intrigue de la série, bien que la fin puisse surprendre, mais, le tout est agréable à lire et c’est une quasi-certitude que l’on peut avoir avec le commissaire, c’est que même ses moins bonnes aventures sont meilleures que bien des romans policiers.

Au final, c’est toujours un plaisir de retrouver le commissaire San-Antonio et ce n’est pas ce titre qui vous fera penser le contraire. Du classique, donc, loin de l’excellence de certains titres de la série, mais dans l’ambiance agréable de la première décennie de l’œuvre de Frédéric Dard.