MeurtrelaligneAlain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien. Cette seule information n'aurait pas suffi à me convaincre de lire un livre de cet auteur.

Mais, quand l'on sait qu'il est né à Perpignan, à côté de chez moi, donc, voilà qui, déjà, me donne un peu envie de le découvrir.

Sachant qu'il est l'auteur de très courts romans dans l'esprit des séries fasciculaires du début du siècle précédent de 32 pages dont je raffole, l'intérêt, en moi, grandit.

Enfin, en découvrant que les enquêtes de son personnage récurrent se déroulent sur Perpignan, voilà qui finit de me convaincre.

0.99 centime, plus tard, je me trouvais en possession de « Meurtre à la ligne », une enquête de Franck Meyer et ce, malgré la 1ère de couverture très peu engageante, qui fleure bon (ou mauvais), l'auto-édition (je m'excuse auprès de la femme de l'auteur qui est la créatrice de cette couverture).

Meurtre à la ligne : Une enquête du Capitaine Frank Meyer. Le corps d'un homme est découvert dans le fleuve La Têt, accroché au bout d'une ligne, le fil de pêche autour du cou. Face à cette mise en scène, le capitaine Frank Meyer et son équipe de la Police Judiciaire de Perpignan se retrouvent confrontés à une affaire très délicate. La victime n'a aucun papier sur elle et le seul témoin n'est autre que le promeneur qui a repêché le corps en pensant avoir ferré un gros poisson au bout d'une ligne abandonnée.

Alain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien de plusieurs romans vendus à près de 110 000 exemplaires. (Ian Flix, Les chroniques de Braven Oc, Bekhor...). Retrouvez-le dans une enquête de Frank Meyer.

Auteur-Ruiz-A-1024x914Comme je l'ai déjà expliqué dans l'une de mes chroniques à propos d'un fascicule d'époque, l'exercice du roman policier en 32 pages est assez casse-gueule. La concision nécessaire pour respecter ce nombre de pages vous pousse souvent à commettre certaines fautes, notamment, de ne pas réussir à esquisser suffisamment les personnages pour les rendre intéressants.

Certains auteurs y parviennent en quelques mots (voir la série « Odilon Quentin » de Charles Richebourg, chez OXYMORON Éditions), et d'autres pensent y réussir en quelques chiffres, c'est le cas d'Alain Ruiz.

Car, la première chose qui saute aux yeux à la lecture de cette enquête, c'est que chaque personnage, ou presque, n'est défini que par sa taille et son âge. Erreur, puisque, jamais, un âge ou une taille ne modèle une personne.

Ne parvenant pas, alors, à donner de l'épaisseur à ses personnages, difficile de les rendre attachants ou intéressants.

Il ne reste alors qu'une possibilité de conquérir le cœur du lecteur : le style.

Mais, de style, il n'y a point.

Sachant qu'il est impossible, sur une si courte distance, de proposer une intrigue prenante, avec des personnages fades, le lecteur ne peut, alors, jamais vraiment être conquis.

Et, effectivement, malgré le fait que cette série avait tout pour m'intéresser (excepté la couverture... désolé, madame Ruiz), je n'ai jamais pu être conquis par l'histoire, par les personnages ou par la plume de l'auteur.

Au final, le fait de trouver un auteur cherchant à retrouver l'esprit des séries fasciculaires dont je suis friand m'a donné envie de découvrir une série, un personnage, une plume, mais, malheureusement, le plaisir ne fût jamais là et je ne poursuivrais pas ma découverte. Dommage.