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Paul Salmon fait partie de ces trop nombreux auteurs oubliés qui ont participé à l’essor de la littérature populaire au début du XXe siècle grâce à une production d’envergure à travers de nombreux genres.

Paul Salmon, surtout connu sous les pseudonymes de Paul Dargens, Paul Darcy, était l’époux d’un autre auteur populaire, Léonce Prache. L’écrivain s’est essayé, comme ses pairs, à tous les genres en vogue à l’époque (sentimental, cape et épée, aventures, science-fiction, policier) et c’est avant tout sous les pseudonymes de Paul Dargens et Paul Darcy qu’il participe aux nombreuses collections des éditions Ferenczi, Rouff, La Baudinière ou Tallandier.

Avec, « Drame à Rio de Janeiro », Paul Darcy nous propose un très court roman d’aventures pour la jeunesse qui va se dérouler en grande partie au Brésil :

Un Français, en tournée au Brésil, se trouve mêlé à une rixe pendant laquelle il vient en aide à un Américain. Celui-ci se fait tuer, mais lui laisse des documents qu’il doit sauver et apporter à la sœur du défunt. N’ayant de réel but dans la vie, l’homme décide d’aider la jeune femme à venger son frère et à récupérer les terres que sa famille possédait au Brésil...

N’étant pas un réel fan de romans d’aventures, sauf si l’aspect policier est également présent, ce fascicule ne m’était pas forcément destiné. Malheureusement, ce fait fut très rapidement confirmé, tant par le genre que par la plume de l’auteur que je trouvais trop fade à mon goût et dont le style me rappelait un peu trop celui de « Candide » de Voltaire, ce qui n’est pas le comble de la modernité, faut-il l’avouer.

Malheureusement, le style n’était pas le seul à me faire penser à ce roman que j’avais dû lire dans ma jeunesse, contraint par un professeur de français qui voyait dans cet ouvrage un potentiel attractif pour des adolescents boutonneux (moi, j’étais ado, mais je n’ai jamais souffert d’eczéma, ce qui n’a rien à voir avec le sujet).

Effectivement, la façon qu’avaient les personnages de se retrouver sans cesse sur le chemin les uns des autres à travers le monde (il n’y avait pas de puces GPS pour suivre les déplacements des gens à cette époque) laissant penser que le monde est si petit que l’on ne peut que se croiser, a une fâcheuse tendance à m’agacer (c’était déjà le cas dans le livre de Voltaire).

Mis à part cela, le manichéisme omniprésent (un gentil très très gentil et courageux face à un méchant très méchant, fourbe et lâche) et l’intrigue trop classique n’arrangèrent en rien mon intérêt pour cet ouvrage.

Au final, bien que le roman fût, à l’époque, destiné à la jeunesse, il souffre d’une narration et d’une intrigue bien trop simplette pour me conquérir et, si ce n’est sa petite taille, j’aurais volontiers interrompu ma lecture en cours de route.