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Petit retour dans le passé et dans le catalogue des éditions Ferenczi. Après avoir un petit peu parlé de la collection « Mon Roman Policier », 1re et 2e édition, il était temps de porter notre attention sur la collection « Le Verrou ».

La collection « Le Verrou » comporte 204 ou 205 titres de 128 et 96 pages publiés entre 1951 et 1958.

Si la couverture des premiers titres est plutôt sombre avec un dessin sur fond noir, les illustrations prendront, finalement, toute la couverture.

Le symbole de la collection est... bien entendu, un verrou, que l’on retrouve en bas à droite de la couverture, puis en haut à droite.

La collection « Le Verrou » propose des textes policiers, mais également des textes d’espionnage et d’autres, pas vraiment policier... même si.

Cette dernière catégorie (pas vraiment policier... même si) comprend le titre qui nous intéresse aujourd’hui : « Les funérailles du Procureur Fleg ».

Les funérailles du Procureur Fleg : Le vieux Fleg agonise sur son lit de mort. Toute la famille se réunit pour visiter le mourant, mais, aussi... et, surtout, dans l’attente de savoir qui va hériter de la fortune du procureur. Ils sont donc nombreux à loger dans l’ancienne abbaye servant d’immense demeure au procureur Fleg. Si les premières heures voient fleurir l’insouciance de certaines retrouvailles, la situation va vite s’assombrir quand le procureur assure à son frère qu’il est certain qu’on l’empoisonne petit à petit. Quand l’un des membres de la famille s’effondre après avoir mangé de la soupe, les doutes ne sont plus permis, un assassin use de la mort-aux-rats pour se débarrasser du vieux grigou.

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Plus qu’un roman policier, c’est à un roman de mœurs que le lecteur est confronté. La réunion de famille est propice à la rancœur, la rancune, puis, suite à l’empoisonnement, à la suspicion et aux doutes. Après les premières heures légères de la réunion où chacun, ou presque, prend plaisir à retrouver l’autre, la question de qui va hériter, de quoi, va bientôt prendre la place principale dans la tête de chacun. Les frères et sœurs, l’infirmière qui a charmé le moribond, le fils attardé de la cuisinière que l’on suppute être le fils du procureur, la cousine, le cousin... chacun voit en l’autre celui qui va le priver de la fortune. Mais quand l’empoisonnement ne fait plus de doute, les choses virent au drame, les rancœurs et les haines décuplent, la violence naît de ces sentiments et les coups de feu retentissent...

René Poupon (1902-1994) est un des auteurs prolifiques de la littérature populaire française qui fit la joie des collections Ferenczi. On ne compte pas les romans et fascicules qu’il signa, sous ce pseudonyme ou sous d’autres (R. Paul Dry, René-Paul Noël). Comme ses confrères, il exerça dans les divers genres à la mode à l’époque, principalement policier et sentimental.

Comme il ne semble plus y avoir de traces de textes signés par René Poupon après la fin des années 50, on peut supputer, vu qu’il n’est mort qu’en 1994, qu’il s’est caché derrière un pseudo inconnu pour continuer son œuvre ou bien qu’un accident l’a forcé à stopper sa carrière.

Simple supputation vu que l’on ne connaît pas grand-chose de la vie de l’auteur.

Mais revenons-en au texte lui-même. « Les funérailles du procureur Fleg » ne se positionne donc pas réellement dans le genre policier puisqu’il s’attache plus aux relations ambiguës entre les protagonistes de l’histoire même si le meurtre, ou du moins la tentative de meurtre, est au centre de l’histoire et que meurtre il y aura. Pour autant, point d’enquête policière même si des policiers font une brève apparition.

Le style de l’auteur est agréable bien que loin d’être transcendant, et l’on ne peut que louer sa propension à faire monter la tension entre ses personnages et à nous surprendre quelque peu par son ultime révélation.

Au final, bien que ne se situant pas réellement dans le genre policier, « Les funérailles du procureur Fleg » n’est pas déplaisant à lire, mais ne restera pas dans la mémoire du lecteur.