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Laurent Guillaume revient à son premier amour de personnage, le Lieutenant Makovsky, alias Mako.

Le premier opus, prometteur, nous faisait découvrir un personnage sombre et violent dans un monde à son image, celui de la nuit d’un flic de la BAC.

Le deuxième voyait Mako être muté aux Stups et quitter la nuit pour le jour. Cet épisode souffrait de problèmes éditoriaux, mais l’histoire, elle-même, pâtissait du fait que Mako n’était plus dans son élément.

Avec ce troisième épisode, Mako retrouve le monde nocturne et tout son intérêt puisque c’est dans ce milieu qu’il s’épanouit le plus.

Si l’on ajoute que le travail éditorial est de meilleure qualité, on ne doute pas que la lecture de ce troisième épisode sera bien plus agréable que celle du second.

Et, effectivement, on retrouve dans « Delta Charlie Delta » toutes les qualités de « Mako », premier du nom et, malheureusement, le défaut d’un style un peu plat, même si cela n’est pas extrêmement gênant puisqu’il ne dénote pas trop avec le sujet et le personnage assez brut de pomme.

Delta Charlie Delta : Mako est flic au quart de nuit du Val-de-Marne lorsqu’un crime atroce est commis sur son secteur. Mais l’enquête est confiée à la direction de la police judiciaire en raison de sa gravité : une jeune femme inconnue a été violée et laissée pour morte dans une caravane abandonnée dans un parking souterrain. Par ailleurs, la violence se déchaîne dans la banlieue. En quelques jours, plusieurs dealers sont victimes de fusillades qui ont l’apparence de règlements de compte. Herman, un junky ultra-violent se suicide en se tirant une balle dans le cœur. Chargé de la procédure, Mako enterre l’enquête pour protéger les proches de la victime, en particulier Angy, une adolescente en perte de repères. Aussi, lorsque les parents d’Herman sont retrouvés assassinés après avoir été torturés, Mako en fait une affaire personnelle et se met en chasse. Il pressent que l’affaire de la fille dans la caravane et les assassinats de dealers sont liés et cachent un monstrueux secret. Pour en avoir le cœur net, il s’allie avec Marie Auger, capitaine de la PJ, une jeune femme brillante, mais ébranlée par un drame personnel. Les deux flics, malgré leurs différences, vont faire équipe de manière officieuse et franchir la ligne rouge pour résoudre l’enquête, jusqu’à découvrir le pire.

Le résume nous révèle tout et, surtout, que l’auteur ne va rien nous proposer de très original. Effectivement, les deux personnages principaux ne sortent pas des sentiers battus du genre. L’un est un vieux briscard au bout du rouleau, qui n’hésite pas à sortir des ornières pour faire vaincre plutôt la morale que la justice ou pour faire sa propre justice. L’autre est une flic jeune et belle, mais qui cache un terrible secret qui la ronge et qui, ajouté au fait qu’elle a du mal à mettre le boulot de côté, détruit son couple.

Du côté intrigue, Laurent Guillaume ne nous propose pas non plus un sommet du suspens ni une narration de haute volée. Effectivement, deux enquêtes aussi glauques que différentes, menées par chacun des deux personnages vont finir par se rejoindre (les personnages également) pour n’en faire qu’une.

Chapitres alternés, attirance, violence, meurtre, viol... tous les passages usuels du genre sont présents et ce n’est pas dans le style, comme je l’ai déjà dit, que l’on va pouvoir trouver le petit plus.

Pour autant, l’ensemble tient la route, mieux, le tout est agréable à lire et on apprécie de découvrir un Mako, souvent, tout aussi violent et sombre que dans le premier opus, mais, également, de découvrir un côté un peu « papa poule » quand il décide de s’occuper de la fillette dont les grands-parents ont été assassinés après que son père se soit « suicidé ».

Effectivement, pris dans la « tourmente » le lecteur ne fait plus cas de ce qui pourrait être des défauts (le manque de style, les personnages stéréotypés, les intrigues peu originales) et, l’on pourrait penser que ces défauts se marient suffisamment bien entre eux pour s’annihiler les uns les autres. En outre, la sincérité de l’ensemble dû au fait que l’auteur connaît son sujet principal (puisque c’est un ancien policier) est un atout indéniable.

Au final, si « Delta Charlie Delta » ne nous offre pas une lecture, un style, une intrigue ou des personnages originaux, ce troisième opus se révèle bien meilleur que le second et s’avère être une agréable lecture.