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« L’homme au stylo » est une série de 6 fascicules (au format 13,5 X 14.5 cm) signés Jean Fabien, un alias de Marcel Idiers, un écrivain belge né en 1886 et mort dans les années 50.

L’auteur, écrivant également sous autres pseudonymes (Sreidi, Robert Pédro), est assez difficile à cerner puisque des rumeurs le soupçonnent d’avoir écrit la plupart de ses textes en collaboration avec sa femme ou d’avoir repris à son compte des textes de son ex-femme (la même ? je ne sais point).

Comme beaucoup de confrères, Marcel Idiers a beaucoup contribué à la littérature populaire de son époque, et ce dans les différents genres à la mode (sentimental, aventures, policier).

L’homme au stylo est donc une série de 6 fascicules de 16 pages sur deux colonnes qui nous content les mésaventures de l’inspecteur Furet face à l’audacieux cambrioleur « L’Homme au Stylo » ainsi surnommé parce qu’il utilise un stylo muni d’une seringue afin d’injecter un somnifère à ses victimes afin de pouvoir les voler tranquillement.

Si, le début du premier épisode met en avant un jeune journaliste désireux d’en savoir plus sur le mystérieux cambrioleur, il est très vite poussé au second (voire 10e) plan par le policier qui, refusant tout d’abord de se lancer à la chasse au voleur finit par se prendre au jeu, puis, poussé par son ego, va tout faire pour contrecarrer les plans de l’Homme au Stylo.

Les 6 épisodes de la série forment une seule et même histoire dans laquelle s’enchaînent différentes intrigues, toutes autour de vols commis par le fameux cambrioleur.

Marcel Idiers, ou Jean Fabien, les deux, donc, nous proposent un petit roman d’aventures policières de très bonne facture dans le style typique de ce qui se faisait à l’époque.

On suit avec un grand plaisir les mésaventures de l’inspecteur Furet, régulièrement ridiculisé par le voleur qui parvient à chaque fois (ou presque) à s’échapper au nez et à la barbe du policier.

La relation entre les deux personnages, plus particulièrement entre Furet et l’Homme au stylo, évolue au cours de l’histoire et l’on sent un certain respect naître entre les deux hommes.

Le cambrioleur a la particularité de se grimer et se déguiser, mais là où ses confrères se cachent derrière un masque pour tromper leurs victimes, l’Homme au stylo, lui, travaille sous ses vrais traits et se camoufle le reste du temps. Et c’est ce qui rend sa recherche particulière puisque, dans ses moments de repos, il n’est jamais le même.

Il faut avouer que la première chose qui m’a attiré, dans cette série, c’est le titre. Je le trouvais assez anecdotique et me demandais en quoi le stylo pouvait être utile à un personnage de roman policier. 

N’ayant encore rien lu de l’auteur, je ne savais pas sur quoi mes yeux allaient porter et je dois avouer que je ne regrette pas cette recherche (car j’ai eu du mal à trouver la série complète et c’est le hasard qui a fait que je suis tombé dessus. Comme quoi, le hasard est parfois bénéfique).

Car, s’il n’y a rien de flamboyant dans le style de l’auteur (mais c’est une critique que l’on peut faire de beaucoup d’auteurs de l’époque qui écrivaient des milliers de pages à une vitesse telle qu’ils n’avaient pas le temps de se relire ou de perfectionner leurs textes.), et si les personnages ne sont pas exceptionnels, l’ensemble se suit très agréablement et on se prend même à apprécier le voleur, puis à se poser des questions à son sujet.

Sans vouloir révéler quoi que ce soit, le roman (puisque, s’il s’agit d’une série, je considère que le tout forme un roman) se révèle également émouvant.

Au final, « l’Homme au Stylo » se révèle une très agréable lecture à condition de lire tous les épisodes dans l’ordre, bien évidemment.