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Pour la sortie de « Le Poignard de Cristal » de Rodolphe Bringer, je vous offre l’avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l’auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

 

AVANT-PROPOS

 

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Commissaire ROSIC ».

 

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage d’ignorer les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est très courte et assez peu représentative du contenu de la Collection.

 

*

 

Commissaire ROSIC

 

De

 

Rodolphe BRINGER

 

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Rodolphe BRINGER (1869 – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire au début du XXe siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

 

Rodolphe Bringer, de son vrai nom Bérenger, a voué l’entièreté de sa vie à sa plume, que ce soit en tant que journaliste en collaborant à divers journaux (« L’Humanité », « Le Sourire », « La Baïonnette », « Le Canard Enchaîné », « Le Pélican »), ou, surtout, en tant qu’écrivain à travers d’innombrables nouvelles ou romans et sous maints pseudonymes (Rodolphe Bringer, Géo Blackmussel, Gaston de Fontbesse, J.W. Killbear…).

 

Rodolphe Bringer a œuvré dans différents genres (policier, sentimental, cape et épée, aventures, humour…) soit au travers de nouvelles diffusées par de nombreux magazines et journaux (« La Gaudriole », « L’Épatant », « Le Sourire », « Midinette », « Floréal », « Jean qui rit », « Le Journal amusant », « Cyrano », « Ceux qui font rire »…) ou bien de romans proposés dans de multiples collections chez un large panel d’éditeurs (« Tallandier », « Ferenczi », « Éditions Chantal », « Rouff », « La Baudinière », « Flammarion », « Hachette », « Éditions Cosmopolites », « Éditions Méridionales », « La Technique du Livre », « Albin Michel », « Éditions Félix Juven », « Société Parisienne d’édition », « Éditions Pierre Lafitte », « Éditions Nillson », « La renaissance du livre »…)

 

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Rodolphe Bringer ?

 

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

 

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, de façon très secondaire, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

 

Frédéric Dard, tout comme Rodolphe Bringer, a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme ce dernier et Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

 

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche, Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

 

Rodolphe Bringer, lui, n’a pas eu la même réussite que ses successeurs ou de son prédécesseur, et ce, malgré un personnage récurrent très intéressant et extrêmement complexe qu’est le commissaire Emmanuel Rosic.

 

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’Emmanuel Rosic et son auteur Rodolphe Bringer n’aient pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire la renommée de l’un comme de l’autre.

 

La principale raison regroupe des causes variables : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

 

Effectivement, les enquêtes du commissaire Rosic s’étalent sur presque trente ans, dans diverses collections chez presque une dizaine d’éditeurs et à travers des formats divers (depuis le roman classique, jusqu’au fascicule de 32 pages).

 

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Rosic, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce héros. Et, sans attachement, point de renommée. C’est ce qui fit la grande faiblesse d’Emmanuel Rosic.

 

Car, excepté cette arduité, les enquêtes d’Emmanuel Rosic offrent de nombreux intérêts.

 

Tout d’abord, la plume de l’auteur et ses qualités indéniables de conteur.

 

Ensuite, la complexité du personnage. En effet, Rosic (évitons de trop citer le prénom du policier qui n’apparaît que fugacement au détour d’une enquête), n’est pas un héros ordinaire, du moins pas un policier sans peur et sans reproche, dur à cuire, fin limier et qui gagne toujours à la fin.

 

Non, le commissaire Rosic est bien plus humain que la plupart des héros de papier parce qu’il est faillible. Pire, il est égocentrique et par gloriole personnelle il est capable de s’approprier les résultats d’un autre, sans aucun remords. Pourtant, l’homme est à la fois courageux et généreux, bien qu’il soit obtus et, parfois, détestable.

 

Les enquêtes de Rosic, comme précisé précédemment, font l’objet de textes de tailles variables. Si cet aspect est plutôt gênant pour qu’elles puissent être regroupées chez un éditeur « classique » (OXYMORON Éditions n’étant pas un éditeur « classique »), il confère un attrait tout particulier à l’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas d’une façon identique un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

 

De plus, l’écrivain pousse la perversité à ne pas faire, forcément, de son protagoniste récurrent, l’intervenant principal de son texte. À chaque titre, le lecteur ne sait donc pas à quoi s’attendre, à quel moment le héros va apparaître dans l’histoire ni même s’il sera réellement le héros de celle-ci.

 

Cette particularité assez rare dans le domaine littéraire en fait tout le sel (en plus de toutes les autres qualités).

 

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Commissaire ROSIC », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels il apparaît, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, de cette toute première enquête « Le premier crime de Rosic », qui n’apparut que dans les rééditions de « Le poignard de Cristal » aux éditions « Le Masque », à la suite du texte original.

 

Pour être complet sur le sujet, voici la liste non exhaustive des premières éditions des titres à venir dans la collection :

 

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N° 0 : « Le premier crime de Rosic »

 

–      1929 : à la suite du « Poignard de Cristal », Éditions « Le Masque ».

 

N° 1 : « Le poignard de Cristal »

 

–      1917 : signé J.W. Killbear – Collection « Le Roman Policier » Éditions Ferenczi.

 

–      1921 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le Mystère du B-14 », en feuilleton de 22 épisodes dans le journal « La Lanterne ».

 

–      1927 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le mystère du B-14 » – Collection « Nouvelle collection Nationale » aux éditions ROUFF.

 

N° 2 : « L’Héritage Sanglant »

 

–      1918 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1932 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage sanglant » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 3 : « Le Crime du mort »

 

–      1920 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1936 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 4 : « Un homme volatilisé »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 5 : « Le chiffre qui tue »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le chiffre qui tue » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 6 : « Le Soulier du mort »

 

–      1932 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Soulier du mort » dans la collection « Criminels et Policiers » aux éditions Tallandier.

 

–      1937 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un cadavre anonyme » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 7 : « Le Bal Rouge »

 

–      1933 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Bal Rouge » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 8 : « Kérapian le justicier »

 

–      1934 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Kérapian le justicier » dans la collection « La tache de sang » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 9 : « Feu Grimaud »

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « Feu Grimaud » dans la collection « Les meilleurs romans policiers » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 10 : « Le commissaire savait »

 

–      1939 (?) : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « P.J. » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « Les récits policiers » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 11 : « À l’ombre de Saint-Clar »

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « À l’ombre de Saint-Clar » dans la collection « Trois As » aux éditions Chantal.

 

N° 12 : « La double mort de Barnabé Klain »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « L’Heure du Crime » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « Haut les Mains ! » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 13 : « Les Trois Treize »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Les Trois Treize » dans la collection « Vigilance » aux éditions Laclaux.

 

 

J’espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Rodolphe Bringer et son personnage atypique du Commissaire Rosic. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster les 5 premiers titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « Le Poignard de Cristal » suivi du « Premier Crime de Rosic » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d’OXYMORON Éditions.