CVT_Charade_5564

Laurent Loison est un auteur de presque 50 ans dont « Charade », son premier roman, est sorti en 2015.

L’auteur tente de suivre les traces des « auteurs professionnels » du Thriller glauque à la française (Thilliez, Chattam, Grangé) et l’on peut dire qu’il y réussit, mais pas pour les bonnes raisons.

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas allé au bout de ma lecture bien que les critiques des lecteurs du roman soient dithyrambiques.

Aussi, je ne m’attarderai pas sur l’histoire, en elle-même, encore moins sur le dénouement final ou l’identité du meurtrier, que je ne connais pas.

Non, ma chronique se contentera de porter sur le premier quart du livre et sur les raisons qui m’ont poussé à abandonner ma lecture.

Charade : Il laisse derrière lui des cadavres de jeunes femmes atrocement torturées et de mystérieux messages. Ce cruel et terrifiant tueur en série est pourtant traqué par le meilleur flic du 36, le commissaire Florent Bargamont, et une brillante criminologue, Emmanuelle de Quezac. Un rythme effréné qui vous laissera le souffle court !

Vu les bonnes critiques sur le roman, je m’attendais à être happé par une intrigue haletante menée par des personnages si ce n’est, originaux, du moins, attachants. Je devrais probablement conclure que je n’attends plus d’un roman policier ce qu’en attendent la majeure partie des lecteurs.

Car, effectivement, la première chose qui m’a sauté aux yeux, outre le manque de style de l’auteur, mais c’est une critique que l’on peut faire à tous les gros vendeurs de livres qui formatent et lissent leur plume pour plaire au plus grand nombre, ce sont les clichés et les stéréotypes repris à foison pour définir les personnages principaux.

7bfe4b0f471c60a17b085a796307bd3a--charades-serial-killers

Alors, tout y passe :

– Le héros, un flic taciturne, déprimé, alcoolique, d’une antipathie apparente cachant, probablement, un bon fond (je ne suis pas arrivé jusqu’à ce moment du livre, mais je me doute que cette révélation existe). Cassé, usé, détruit, par son métier qui consiste à analyser, comprendre et traquer les pires tueurs possibles, mais, cependant, d’une attirance animale, d’un charme envoûtant... (ajoutez tous les qualificatifs du genre que vous voudrez).

– La partenaire, une jeune femme belle et désirable (ba oui, faut pas déconner, ils n’embauchent pas de femmes laides dans la police dans les romans, les séries et les films), qui va, forcément, tomber amoureuse du héros et avoir pour ambition de l’aider à lutter contre ses démons, de le sauver (c’est beau, l’amour). 

– La psychiatre (car, oui, tout le monde sait que le flic est torturé et alcoolique, alors, il faut savoir si, en plus, il peut être dangereux pour lui-même ou pour les autres, mais, en attendant, on lui laisse son travail de terrain et son flingue) qui n’obtient rien de son patient bourru, mais qui est plus occupée à fantasmer sur lui (ba ouais, le transfert, dans les romans, c’est l’inverse de la réalité, c’est la psy qui tombe amoureuse de son patient) et à imaginer ce que pourrait lui faire ce flic bourru et alcoolique, mais tellement craquant (bon, dans la vraie vie, une femme, quand elle est face à un mec bourru et alcoolique, elle se sauve... là, non !).

– Le flic très con qui en veut au héros de son succès et qui fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.

– Le tueur super sadique (mais alors, très très sadique, à se demander s’il n’a pas été élevé par Charles Manson et allaité par Magdalena Solis [cf. Wikipédia pour ceux qui ne connaissent pas cette charmante dame] qui, en plus d’être sadique [mais alors, très très sadique], se révèle être très très joueur, également.

Vous mélangez ces personnages et vous obtenez le début de « Charade ».

Pour la fin, je ne saurais dire... On sait, dès le début, que le héros à vaincu, mais qu’il a du mal à s’en remettre et, je miserais une petite pièce pour dire que le tueur pourrait être, en fait, une tueuse [pourquoi pas la psy] ou, mieux, si on continue dans les clichés, le flic qui déteste le héros [une révélation que l’on trouve régulièrement dans les romans policiers]... ceux qui seront arrivés au bout de ce roman pourront confirmer ou infirmer mes suppositions.

Bref, ces clichés qui deviennent lassants tant ils sont usés jusqu’à la corde, auraient pu être compensés par un style original, se servir de stéréotypes à travers une plume innovante... mais non.

L’auteur se contente de copier les défauts de ses pairs sans apporter la moindre originalité (du moins, dans le premier quart... qui sait, peut-être que la révélation finale sauve l’ensemble du livre et que l’on apprend que le tueur en série est, en fait, le président de la République ou un extra-terrestre ou bien, encore, le héros, lui-même... non, ça, c’est du déjà vu.

Bref, rien de neuf dans le monde du polar et ce n’est pas avec  « Charade » de Laurent Loison que cela changera.

Au final, une lecture déplaisante du fait des nombreux clichés qui défilent pire que des militaires le matin du 14 juillet. À quand des personnages originaux dans le monde du polar ?