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Éric l.a. Filoche est un artiste sympathique, c’est du moins l’impression que j’en ai en naviguant sur son site.

Peintre, sculpteur, auteur, passionné apiculture et de SIMCA Aronde, cette personne semble être mû par la passion.

De plus, l’homme aime partager, au point d’offrir son court roman, aussi bien au format numérique, qu’audio et c’est tout à son honneur.

Si l’on ajoute à cela que l’auteur doit également être un fervent lecteur des romans de San Antonio, alors, la sympathie ne fait que croître.

Oui, mais, voilà, la passion ne fait pas tout...

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas allé au bout du roman, pourtant fort court. Cependant, ces derniers temps, j’ai bien du mal à être satisfait de mes lectures.

Il faut avouer que, si j’aime l’argot, point trop n’en faut et là... on est dans l’excessif, voire, dans l’overdose.

Car, s’il est vrai que l’auteur ne se prend pas au sérieux, il semble concourir à des championnats du monde de l’écrivain qui use du plus de mots d’argot à la ligne. Car, si San Antonio ne faisait pas dans la demi-mesure, il savait prévoir, aux lecteurs, quelques plages de repos, afin de reprendre son souffle avant de replonger en apnée dans son monde gouailleur.

Malheureusement, Éric l.a. Filoche, lui, n’a pas prévu ses sas de décompressions et la fatigue se fait très vite ressentir. D’autant plus que, en parallèle, la ponctuation de son roman laisse à désirer, ou, du moins, n’est pas faite pour arranger les choses.

Du coup, ne trouvant pas les virgules là où il fallait, remué par une multitude de mots et d’expressions chatoyantes, j’ai eu bien du mal à me concentrer sur le récit... trop de mal... au point que je m’en suis totalement désintéressé.

Pourtant, il faut reconnaître qu’il y a du bon dans ce que nous propose l’auteur. Avec une alternance entre pur argot et langage plus classique et une bonne ponctuation, le tout aurait pu être très intéressant, du moins, bien plus digeste.

Mais... à trop vouloir surenchérir en la matière qui fit le succès de Frédéric Dard, Éric l.a. Filoche se prend les pieds dans le tapis.

C’est d’autant plus dommage que j’avais bien envie d’aimer ce roman. Pour son titre, en premier lieu. Pour sa couverture, ensuite, que je trouve très belle. Pour la démarche de l’auteur, également, dont la générosité et la passion transpirent à travers son site. Pour l’argot, enfin, que j’apprécie beaucoup, mais à petites doses ou à doses moyennes, pas à doses pachydermiques...

Au final, je suis assez déçu d’être déçu, car, même si les défauts énoncés sont réellement présents, je demeure certain que l’auteur, en se refrénant quelque peu, aurait pu livrer un roman plus savoureux.