CouvOBSE

Paul Max est un auteur belge né à Alger en 1884. Il était journaliste et il est auteur de plusieurs romans d’aventures et policiers.

La littérature populaire belge n’a pas eu l’essor de la nôtre et les collections regroupant des auteurs autour de textes courts sont loin d’être aussi nombreuses qu’en France. Cependant, à son époque, Stanislas-André Steeman, l’auteur belge vivant dans l’ombre de Georges Simenon, mais qui a eu un succès considérable et a été adapté de nombreuses fois au cinéma, a tenté de lancer une collection regroupant des nouvelles d’auteurs belges.

C’est aux Éditions A. Beirnaerdt, que la collection « Le Jury » est née en 1940.

En l’espace de 4 ans, ce sont 66 titres qui seront édités, provenant de plumes aussi diverses que de celles d’auteurs réputés (Steeman, Simenon, Louis-Thomas Jurdant, Jean Marsus, Thomas Owen...) que des professeurs, avocats, musiciens, journalistes... en tout, pas moins de 35 auteurs.

Les nouvelles sont imprimées sur 32 pages, en double colonne, Couverture couleur, avec une photo noir et blanc. Chaque texte fait environ 20 000 mots.

Paul Max participe à cette collection à deux reprises. La seconde est une aventure de Billy Mac Tiddle, le détective vendeur de chaussettes que l’on a pu découvrir dans « Début dans la police » avec le titre « l’assassinat du torero » (la nouvelle sera développée en un roman et publiée de façon posthume sous le titre « Mexico »). Le premier des deux titres, quant à lui, est « O’Byron s’est évadé ».

O’Byron s’est évadé : L’inspecteur Smyth est retrouvé mort, chez lui, une balle tirée dans la tête. Pour le Capitaine BROWN, le meurtre est à attribuer à « Big-Boy », un gangster cruel qui a juré de venger son chef, O’Byron, écroué par le défunt policier. Mettant tout en œuvre pour que l’assassin soit condamné à mort, le Capitaine BROWN se heurte à la circonspection de l’inspecteur Davis, qui considère que son supérieur s’est laissé aveugler par sa soif de représailles. D’abord si confiant en sa détermination et ses déductions, le Capitaine BROWN ne tarde pas à douter de la culpabilité de « Big-Boy », d’autant plus quand l’un des témoins à charge le supplie de le protéger après qu’on ait tenté de le tuer. Il lui avoue alors qu’il a fait un faux témoignage et qu’il est persuadé d’être la cible de O’Byron, lui-même. Or, ce dernier est censé être en prison sous bonne garde ! Mais, l’est-il vraiment ?... 

Cette nouvelle de Paul Max possède la narration de nouvelle (contrairement à des collections françaises de titres courts dont les textes sont structurés comme de courts romans). La fin est à ce sens est un exemple flagrant du final abrupte d’une nouvelle.

L’histoire nous conte la terrible envie de vengeance d’un policier suite à l’assassinat de son collègue. Aveuglé par cette haine, le policier se brusque et s’entête, au risque de se mettre à dos des confrères. Cependant, le coupable semble tellement évident qu’au final, tout le monde, ou presque, se range derrière lui et que l’assassin présumé est condamné. Mais dès lors, le doute assaille le policier et les indices discordants commencent à s’accumuler. Et si l’évidence de l’affaire n’était qu’un trompe-l’œil ?

L’auteur mène son histoire agréablement et démontre qu’il ne s’épanouit pas que dans l’humour et le polar décalé. Mieux, l’homme maîtrise la narration si particulière de la nouvelle et nous livre un climax surprenant.

Assurance, questionnement, tension, suspens et révélation, « O’Byron s’est évadé » déroule son histoire et met la peau du lecteur un peu dans celle du policier même si l’on devine, dès le début, que l’homme s’est trompé... mais à quel point ?

Au final, une nouvelle agréable à lire et qui, si elle ne possède pas l’humour et l’attrait de la série des « Mac Tiddle », n’en est pas moins plaisante à lire.