CouvOQ27

Charles Richebourg est un auteur énigmatique dont je vous ai déjà parlé.

Le commissaire Odilon Quentin est un personnage, moins énigmatique, dont je vous ai également déjà parlé.

Le 27ème épisode (du moins, du 27ème dans l’ordre de la collection « Odilon Quentin » chez OXYMORON Éditions) est l’occasion de déguster une aventure un peu plus longue que d’ordinaire.

Effectivement, si les premiers épisodes sont des rééditions de titres d’une collection de fascicules de 32 pages, cet épisode provient d’une autre collection, de fascicules de 64 pages. 

Le lecteur aura donc droit à une double dose de son commissaire préféré.

Trois bas de nylon : Une prostituée est trouvée morte, un bas de soie noué autour du cou. Son maquereau s’apprête à fuir le pays… Le dossier pourrait être d’une simplicité consternante si une seconde victime, une jeune dactylo, ne faisait son apparition, elle aussi étranglée avec un bas de soie similaire au premier. Chargé de l’enquête, le commissaire Odilon QUENTIN patauge lamentablement quand le grand patron lui impose de faire rechercher madame Berthe Dutrieux, une riche cliente d’un notaire de Neuilly s’inquiétant de la disparition de celle-ci. Le policier, de son air bougon habituel, ne peut s’empêcher de rétorquer : « — Je vous avouerai franchement que Berthe Dutrieux ne commencera à m’intéresser que le jour où on la retrouvera avec un bas de nylon serré autour du cou ! » Et l’affaire va fortement l’intéresser quand ses hommes la découvriront avec un troisième bas de nylon lui enserrant la gorge…

 

Changement de taille, donc, mais le style et les personnages, eux, demeurent heureusement les mêmes.

Après un premier chapitre en forme de prologue, comme la série nous y a habitués, le commissaire Odilon Quentin entre en scène pour tenter de résoudre l’affaire.

Encore une fois, il faut se méfier des faux semblants et le coupable qui est livré sur un plat au policier n’est pas le bon. 

Odilon Quentin, c’est un bon gros policier bien rustique qui ne paye pas de mine. Cependant, il a plusieurs qualités. Il sait s’adapter à son interlocuteur, sait se faire passer pour plus bête qu’il n’est afin d’éviter qu’on se méfie de lui, sait faire preuve d’opiniâtreté, sait également s’entourer d’hommes dévoués et qualifiés, et, surtout, manage parfaitement ses affaires depuis son bureau. C’est un général de bataille qui prépare son plan, instruit ses généraux, anticipe les mouvements de l’ennemi, le tout depuis son Q.G. en évitant un maximum les champs de bataille.

C’est encore une fois le cas dans cette enquête et ce sont ses adjoints Chenu, Dubosc et Charron. L’un est un vieux briscard, l’autre possède la gouaille argotique des bas-fonds, le troisième a tout du jeune premier bien propre sur lui. Chacun a des atouts et, ensemble, ils forment un tout efficace.

On suit donc avec un réel plaisir cette nouvelle enquête et, au final, la lecture est tellement agréable, on dévore à ce point cette enquête qu’on ne s’aperçoit même pas de la longueur double de cet épisode.

Au final, encore un épisode de très bonne facture, une lecture agréable où l’auteur parvient à réitérer la qualité qu’il a insufflée, jusqu’ici, à chacun des épisodes de la série.