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Bon, je ne reviendrais pas sur Gustave Gailhard que vous devriez connaître. Si ce n’est pas le cas, replongez-vous dans sa bibliographie grâce à l’éditeur que l’on ne nomme plus et qui réédite les petites pépites de la littérature populaire policière et découvrez la plume et les personnages de l’auteur.

Parmi ces personnages, Marc Bigle, un pion devenu voleur par opportunité et par goût du luxe et de l’aventure.

Depuis qu’il vit en marge de la loi, qu’est-ce qu’il se bidonne, le Marc Bigle ! Finis la vie sans panache, l’existence terne, le métro-boulot-dodo, même sans le métro.

Depuis qu’il déleste les poches des plus riches de leurs bijoux, il s’amuse, le bougre.

Et c’est encore le cas avec « L’affaire du yacht Poséidon ».

L’affaire du yacht PoseidonMarc Bigle, ancien pion devenu voleur opportuniste, par goût du farniente et de l’aventure, officiellement mort, vit désormais sous les traits du baron Sernine. Mais, le goût du luxe et du jeu ne tarde pas à ruiner le dépensier qui, pour se renflouer, jette son dévolu sur la comtesse Varinska une riche cliente du casino qu’il fréquente. La beauté de la jeune femme n’a d’égal que l’éclat des bijoux qui ornent son cou, ses oreilles, ses poignets et ses doigts. Après avoir charmé sa proie comme il se doit, il se glisse, la nuit, sur le yacht de celle-ci, sachant le comte absent. Mais, alors qu’il s’ébat dans les draps avec sa belle, qu’elle n’est pas sa surprise de constater que le yacht prend le large et que le mari est de retour. Devant se cacher dans la cale du navire, Marc Bigle ne tarde pas à faire une curieuse rencontre et à constater qu’il se passe de drôles de choses à bord…

Marc Bigle n’est plus. Dans le précédent opus de la série « Puisque je suis mort » Marc Bigle échangeait son identité avec un malfrat qui s’était suicidé d’une balle dans la tête. Désormais plein d’argent, après avoir revendu les bijoux qu’il avait volés, il se fait passer pour un baron russe et continue sa vie de débauche. Mais l’argent n’a qu’un temps, surtout quand on le dépense sans compter. Aussi Marc Bigle doit-il rapidement se renflouer et, pour ce faire, il compte sur les bijoux d’une riche comtesse qui fréquente le même casino que lui.

Après avoir fait du charme à la femme, mariée, il décide de profiter de l’absence du comte pour se rendre, la nuit, sur le yacht, afin de mettre la main sur les bijoux. Mais, surpris à bord, il explique sa présence par le désir de partager quelques moments avec la belle. Durant leurs ébats, le bateau se met en route et le mari se fait entendre. Plus le choix, il doit se cacher dans la cale, le temps de trouver un refuge plus agréable.

Mais, dans cette cale, il va trouver quelque chose qui va changer toute son aventure.

Forcément, je ne vous dirais pas quoi, histoire de ne pas gâcher la surprise, mais, il faut savoir que Marc Bigle se fourre toujours dans les ennuis. À partir de là, il va devoir tout faire pour rester en vie...

Comme je le disais dans « Puisque je suis mort », Marc Bigle, c’est un Candide moderne puisque, dans ces aventures, où qu’il aille, il croise et recroise les personnages de ces mésaventures précédentes.

Toujours contées à la première personne, les péripéties de Marc Bigle se lisent toujours avec le même plaisir. On peut ainsi suivre la vie du personnage tout en connaissant ses pensées. 

Gustave Gailhard parvient à instiller également de l’humour, notamment parce que Marc Bigle est un homme très drôle, éminemment sympathique, et ce malgré sa cupidité et sa propension à draguer tout ce qui porte des bijoux.

Quand il est en présence de marseillais, ce qui lui arrive souvent, il pense alors en marseillais, à coup de « pas moinsss ! » et autres tocs langagiers.

Au final, « L’affaire du yacht Poseidon » est un court roman très agréable à lire, mettant en scène un charmant voleur.