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Marcel Vigier est un auteur énigmatique (comme souvent dans la littérature populaire de l’époque), dont on ne connaît que quelques pseudonymes (H. de Luray et Jean du Valbenoit).

Auteur de romans d’aventures, sentimentaux et policiers, c’est, comme toujours avec moi, à la production policière de l’auteur que je me suis intéressé.

Mais, comme j’aime tout particulièrement les personnages récurrents, je me suis intéressé, cette fois-ci, à un duo.

Florac et La Glu (alias Jean-Frédéric Pommier) sont deux détectives travaillant pour la Sûreté. Florac est le patron, La Glu, le jeune assistant à la gouaille des rues.

L’un est la tête, l’autre, les jambes et les bras. Florac réfléchit, La Glu agit. Le patron déduit, La Glu écoute.

Florac et La Glu, un duo comme il s’en faisait beaucoup à l’époque, mais avec un côté attachant du fait de la disparité et la complémentarité des deux partenaires. Car, si Florac est calme et pondéré, La Glu est impatient et grognon.

Le secret de la statueFlorac et son acolyte La Glu, deux policiers travaillant pour la Sûreté, sont chargés, au petit matin, d’une étrange affaire. Le docteur Denain, un scientifique ayant mis au point une découverte importante, s’est évanoui, durant la nuit et s’est aperçu, à son réveil, qu’une partie de son précieux manuscrit avait disparu. La pièce étant close, les enquêteurs peinent à trouver de quelle façon le ou les voleurs ont pénétré les lieux et comment ils ont pu endormir la victime. Le soir même, à peine la nuit tombée, le docteur subit une seconde tentative, infructueuse. Pensant que les voleurs vont recommencer au plus tôt, La Glu se cache dans un coin de la pièce pendant que Florac surveille les extérieurs. La troisième attaque ne tarde pas, mais La Glu surprend fugacement un noir qu’il poursuit jusque dans la rue sans réussir à le rattraper et sans que son patron n’ait aperçu âme qui vive…

Marcel Vigier semblait très inspiré par les objets (un objet particulier est souvent au centre de ses intrigues, collier, aiguille, papillon en papier...). Dans cette affaire, l’objet en question est une statue, statue qui, vous vous en doutez, cache un secret.

À travers cette courte histoire (15 000 mots), l’auteur se confronte au sous-genre policier du « mystère en chambre close » comme l’ont fait, avant lui, Gaston Leroux avec « Le mystère de la chambre jaune », Edgar Alan Poe et « Double assassinat dans la rue Morgue », Conan Doyle et « La vallée de la peur » ou, depuis, Boileau-Narcejac avec « L’ingénieur aimait trop les chiffres ».

Ici, point de meurtre, mais un vol précédé d’un endormissement. Le docteur travaille dans une pièce complètement fermée et, pourtant, quelqu’un parvient à l’endormir et à pénétrer dans la pièce. Comment ? Là est la question que devront résoudre Florac et La Glu pour, ensuite, pouvoir trouver : qui ?

Avec une plume et un style qui colle à ce qui se faisait à l’époque, Marcel Vigier nous livre un duo de personnages intéressant, sorte de Clown blanc et d’Auguste, Florac étant le Clown blanc et La Glu, l’Auguste.

Malgré une intrigue qui ne restera pas dans les annales (mais un format si court ne permet pas, non plus, de développer une intrigue extraordinaire et ce n’est pas ce qu’un lecteur cherche, en prenant un tel livre en main) et des personnages légèrement en deçà de ce qu’ils seront dans d’autres épisodes de la série (notamment La Glu), Marcel Vigier parvient à conserver l’intérêt et le plaisir du lecteur et c’est déjà pas mal du tout.

Au final, un très court roman plutôt agréable, avec un duo de personnages intéressant, même s’il n’est pas exploité aussi bien que dans d’autres titres de la série.