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Marcel Vigier... auteur énigmatique... œuvrant dans divers genres... littérature populaire... romans policiers...

Bon, je fais concis, autant que les informations en ma possession à propos de cet auteur et du fait que j’ai déjà tout évoqué dans une autre chronique.

Donc, concentrons-nous sur les policiers Florac et La Glu, deux personnages récurrents de Marcel Vigier, même si je vous ai déjà parlé d’eux, également.

L’empreinte fataleLes fameux policiers de la Sûreté de Paris, Florac et La Glu, sont conviés, par le juge d’instruction de Marseille, dans la cité phocéenne afin d’enquêter sur une série de braquages et cambriolages menés avec brio sans laisser la moindre trace. Persuadés que les méfaits ne sont pas l’œuvre de la Pègre locale, du fait du raffinement avec lequel ils sont perpétrés, le duo se déguise afin d’infiltrer les bars de la Canebière, espérant entendre quelques éléments pouvant les mettre sur une piste. Au café du Globe, les yeux exercés des enquêteurs repèrent les agissements d’un couple d’escrocs plumant un pigeon au poker et décident de les suivre séparément. Mais la filature se révèle infructueuse dans les deux cas face à l’ingéniosité et à la vigilance des deux personnes. Décidément, un bien étrange comportement pour de simples filous…

Marcel Vigier nous propose une nouvelle enquête de son fameux duo de policiers et quelle enquête !

Effectivement, malgré la concision du roman (17 000 mots), l’auteur nous livre une performance assez rarement égalée, voire même, tentée, dans le monde du roman policier.

Rarement tentée : nous proposer dans le détail et par le menu, la façon de procéder d’une bande de voleurs sophistiqués puis, ensuite, non moins dans le détail, le cheminement de pensée du policier chargé d’arrêter ces malfaiteurs.

Encore plus rarement tentée : parvenir à captiver le lecteur avec une telle énumération et un tel étirement de processus de cambriolages.

Car, quoi de plus rébarbatif qu’une telle exposition, notamment dans le domaine littéraire ? Encore plus dans un genre, qui se doit d’être rythmé tel le genre policier ?

Et, pourtant, force est de constater que Marcel Vigier réussit avec brio ce tour de force. Le lecteur est happé par cette succession de gestes concis et précis des protagonistes où chacun à son tout petit rôle à jouer, un rôle à la fois minime et nécessaire, qui permet à chacun d’éviter d’attirer l’attention tout en permettant au suivant de s’approcher un peu plus du but.

C’est à la fois simple, dans la description des actions et dans leur enchaînement, et pourtant si difficile de rendre l’ensemble, non seulement lisible, mais plus encore, délectable.

Bien évidemment, cet exercice n’est pas le seul intérêt de ce roman puisque le principal est, surtout, de retrouver le fameux duo de policier que forment le commissaire Florac et son acolyte La Glu.

Là aussi, dans ce groupe de policiers, tout comme dans celui des voleurs, chacun à son rôle, sa place, non moins déterminante l’une que l’autre. Florac est la tête pensante et nous démontre avec un talent tout particulier dans ce roman, la façon dont sa pensée chemine pour trouver les solutions des problèmes à partir du plus petit indice.

La Glu, lui, est plutôt l’homme d’action, l’homme de la rue, mais, surtout, d’un point de vue littéraire, le personnage qui induit les touches d’humour, de par sa bonne et sa mauvaise humeur.

Au final, si les deux personnages principaux suffiraient, à eux seuls, à justifier la lecture de ce roman, le tour de force de l’auteur, de nous conter point par point, la façon de procéder des voleurs, et le raisonnement du policier, rend à lui seul cette lecture nécessaire.