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Henry de Golen et l’inspecteur Poncet sont de retour pour ce que j’aurais aimé appeler le meilleur, mais qui, finalement, ne sera qu’un roman très vite oublié.

« Le manoir de la peur » m’avait laissé espérer une amélioration dans la style, l’ambiance et surtout dans le charisme du personnage principal, l’inspecteur Poncet.

Dans « Jacopo le forçat », le rôle du policier se cantonnait à voyager et à flirter avec un des personnages clés de l’affaire. Loin d’être dans du policier pur jus, de Golen nous proposait plutôt une bluette d’aventures et de sentiments mêlés.

Dans « Le manoir de la peur », le policier menait enfin une véritable enquête en utilisant son sens de l’observation et sa perspicacité.

Certes, le style de l’auteur n’était pas des plus modernes, mais le résultat était correct.

Aussi, j’avais espéré que l’enquête suivante serait encore un cran au-dessus et nous proposerait un bon moment de lecture.

Force est de constater que je me suis trompé.

Le mystère du paquebotSur le paquebot Le Languedoc, en route pour la France en provenance de New York, un meurtre est commis. L’inspecteur Poncet, se trouvant à bord, se charge de l’enquête préliminaire en attendant que le navire apponte à destination. Mais, au moment de débarquer, force est de constater qu’il n’a aucune piste. Cependant, il fait la connaissance avec Nicole Teillac, une riche veuve qui accompagne le cercueil de son défunt mari à Paris. Cette dernière, en débarquant, fait la connaissance de sa nièce avec qui elle finit par emménager pour ne pas rester seule avec son désespoir. Mais le voisin et ami de la veuve se révèle être un homme énigmatique très entreprenant avec la nièce. L’inspecteur Poncet, demeuré en contact avec les deux femmes, va vite se rendre compte que des choses étranges se déroulent et impliquent la veuve et son ami sans se douter du lien qui unit ces deux personnes… 

Si l’ensemble de l’histoire tient sur un rebondissement qui ne serait plus trop crédible à l’heure actuelle, mais qui est parfaitement dans la veine de ce qui s’écrivait au tout début du XXe siècle, c’est surtout le style assez fade de l’auteur et le manque de charisme criant du personnage principal qui font que le résultat est assez peu convaincant. Tout du moins, l’ensemble souffre-t-il clairement du temps passé. Cependant, d’autres auteurs, avec une histoire similaire, mais grâce à une plume plus enlevée et en insufflant au héros un peu plus d’intérêt, seraient parvenus à produire malgré tout un texte de bonne qualité.

Ce n’est pas le cas ici, dommage, Henry de Golen n’était peut-être pas fait pour le roman policier, à moins d’y incorporé une touche de psychologie et de folie (voire « L’épouvante »).

En tout cas, sur les trois enquêtes de l’inspecteur Poncet lues jusqu’à présent, aucune n’a emporté mon adhésion. Il m’en reste une à me mettre sous la dent. On verra bien ce que cela donnera.

Au final, un roman décevant, au rythme assez mou, à la révélation datée, au style suranné, avec un héros manquant cruellement de charisme.